C dans l’air du 6 mars 2026 - L'Iran veut-il entraîner l'Europe dans la guerre ?
Au septième jour de guerre au Moyen-Orient, les frappes continuent de s’intensifier en Iran et au Liban, où Israël semble vouloir porter un coup fatal au Hezbollah libanais. La capitale Beyrouth, fief de la milice chiite, a été visée par des bombardements cette nuit, après un ordre israélien d’évacuation d’une ampleur inédite hier dans le sud du pays. Plusieurs centaines de milliers de personnes fuient dans la panique les secteurs pilonnés par Tsahal.
« On est au bord d'une crise humanitaire d'ampleur », a déploré le président de Médecins du Monde. Le chef de l’État, Emmanuel Macron, a indiqué jeudi discuter d'un « plan » avec les différentes parties prenantes afin « d'empêcher » que le Liban ne soit « à nouveau entraîné dans la guerre », ainsi que de « l'envoi immédiat » d'une aide humanitaire pour les réfugiés. Le président du Liban avait demandé, un peu plus tôt, au locataire de l'Élysée d'apporter son aide « pour parvenir à un cessez-le-feu dans les plus brefs délais ».
Le président de la République a également rappelé jeudi soir que la France ne fait « pas la guerre » au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y « engager », alors que le porte-avions Charles-de-Gaulle est arrivé ce vendredi en Méditerranée et qu’Israël a annoncé une « nouvelle phase » dans sa guerre contre l’Iran, visant le « démantèlement du régime » et de ses capacités militaires. « Nous avons encore d'autres surprises en réserve, que je n'ai pas l'intention de dévoiler », a affirmé le chef d'état-major israélien.
Très tôt ce vendredi matin, une nouvelle vague d’attaques a frappé la capitale iranienne. Tsahal dit viser les infrastructures du pouvoir pour désorganiser les gardiens de la révolution et la succession d’Ali Khamenei, le guide suprême de l’Iran tué samedi dernier. Personne n’a encore été désigné, mais un homme fait désormais figure de favori : le fils de l’ancien ayatollah, Mojtaba Khamenei.
Alors que son nom circule de plus en plus, Donald Trump a affirmé jeudi qu’il s’agissait d’« un poids plume » et qu’il voulait « être impliqué dans cette nomination ». Le président des États-Unis a en revanche temporisé sur d’éventuelles troupes au sol en Iran. « Ce serait une perte de temps », a-t-il dit à la chaîne ABC, au moment où une majorité d’Américains y est opposée. Un peu plus tard, le chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, Dan Scavino, a diffusé une vidéo sur X d’un groupe de pasteurs évangéliques réunis dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche pour prier avec Donald Trump.
Alors quelle est la situation au Moyen-Orient ? Où en est le processus de nomination du prochain guide suprême iranien ? Qui dirige actuellement l’Iran ? Enfin, que se passe-t-il à la frontière entre le Liban et Israël ? Benyamin Netanyahou est-il soutenu dans cette guerre contre le régime iranien par la population israélienne à quelques mois des élections législatives ? Nos journalistes se sont rendus dans le nord de l’État hébreu. Retrouvez leur reportage ce soir dans #cdanslair.
Experts :
- Bruno Tertrais - Directeur adjoint de la Fondation pour la Recherche Stratégique et auteur de La question israélienne aux éditions de L'Observatoire.
- Bernard Rogel - Amiral, ancien chef de l’état-major particulier des présidents François Hollande et Emmanuel Macron et ancien chef d’état-major de la Marine, auteur de Un marin à l'Elysée, publié aux éditions Tallandier
- Hamdam Mostafavi - franco-iranienne, spécialiste du Moyen-Orient, directrice adjointe de Libération
- Lucas Menget - Grand reporter, spécialiste des relations internationales
- Magali Lacroze (en duplex d'Israël) - Grand reporter #cdanslair