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    En Moldavie, la multiplication des arnaques pourrait être une tentative de déstabilisation russe

    07/05/2026
    En Moldavie, les arnaques téléphoniques prennent une ampleur inédite. Majoritairement menées depuis l’étranger, ces fraudes ont causé un préjudice de plus de 8 millions d’euros depuis le début de l’année. Les personnes âgées, souvent moins familières des nouvelles technologies, figurent parmi les principales cibles des escrocs.
    Dans certains cas, la police a rapporté des pertes individuelles pouvant atteindre près de 50 000 euros. Selon les autorités moldaves, ces opérations pourraient être, au moins en partie, orchestrées depuis la Russie afin de miner la confiance de la population dans les institutions et de déstabiliser le pays. 
    Un reportage de notre correspondante à Chisinau à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
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  • Reportage international

    Au Vietnam, la vente sur les trottoirs, emblématique de la ville d'Hanoï, est en sursis

    07/05/2026
    Très prisée des touristes comme des habitants de la capitale vietnamienne, la vente sur les trottoirs fait partie du quotidien d’Hanoï. Mais les autorités entendent désormais mieux encadrer, voire restreindre, ces activités. En intensifiant les contrôles et les amendes contre les vendeurs informels, la ville bouscule aussi une part de la culture locale. 
    De notre correspondant à Hanoï,
    Riz, thé, ventilateurs, oiseaux, coiffeurs ou vendeurs de poissons rouges : on trouve de tout sur les trottoirs d’Hanoï. Mais depuis de nombreuses années, la ville entend « rendre les trottoirs aux piétons ».
    Installée sur un tabouret en plastique, devant son magasin débordant d’objets et de condiments en tout genre, cette vendeuse a retiré les cartons et les étagères du trottoir qu’elle occupait jusque-là. Dans ce vieux quartier populaire d’Hanoï, de nombreuses activités commerciales s’exercent sur ces espaces, au détriment des passants.
    « Ceux qui n’ont pas de maison ou de local ne pourront plus vendre, déplore la commerçante. On pourra seulement louer, ou vendre, à l’intérieur des maisons. Parce que les gens ont le droit de louer ou d’exercer à l’intérieur, mais pas sur le trottoir. L’État n’autorise pas la vente sur les trottoirs, car ils doivent être réservés aux piétons. »
    Depuis son bia hoi, établissement où l’on sert la bière pression locale du même nom, cette commerçante a perdu presque la moitié de sa clientèle. Il y a quelques mois encore, elle vendait sa bière, son riz sauté et son alcool de riz à l’abricot depuis le trottoir, désormais transformé en parking pour scooters. « Ma clientèle a diminué de moitié. Vraiment de moitié, voire davantage, dénonce-t-elle. Et encore, moi, j’ai la chance de pouvoir louer un local. J’ai donc un espace à l’intérieur. Mais beaucoup de personnes ne vendent que sur le trottoir. Pour elles, cela signifie perdre totalement leur activité. »
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    « Au Vietnam, s’installer sur le trottoir fait partie de la culture »
    Jusqu’ici occupés de manière informelle, à la limite de la légalité, certains trottoirs pourraient désormais être loués dans un cadre réglementé. La ville d’Hanoï envisage d’expérimenter la location d’une partie de ces espaces. Avec un tarif maximal d’un euro cinquante par mètre carré, des commerçants triés sur le volet pourraient ainsi bénéficier d’un droit d’usage encadré. 
    « Quand on ne peut plus servir sur le trottoir, les clients doivent s’asseoir à l’intérieur, mais ils n’aiment pas ça. Il fait chaud, c’est étroit et bruyant, explique une commerçante. Si l’État nous autorise à louer une partie du trottoir, je le ferai pour pouvoir y servir mes clients. Dans mon établissement, les gens préfèrent s’asseoir dehors. Au Vietnam, s’installer sur le trottoir fait partie de la culture. Donc, si cela devient possible, je louerai cet espace. »
    Les demandeurs devront remplir plusieurs critères. Ils devront notamment obtenir l’accord d’au moins 50 % des propriétaires et des habitants concernés, maintenir un passage piéton continu d’au moins 1,5 mètre et installer des caméras de surveillance. Les bénéficiaires devront également disposer d’un local donnant sur la rue concernée. Les commerces occupant illégalement le trottoir s’exposeront, quant à eux, à des sanctions plus lourdes, pouvant atteindre 200 euros.
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    À Séville, le défi de s'adapter à des températures record

    07/03/2026
    Alors que les très hautes températures et les vagues de chaleur touchent toute l’Europe, le sud de l’Espagne offre un laboratoire intéressant : comment l’Andalousie, qui depuis des années connaît des températures record, s’adapte face à ces conditions de vie difficiles ?
    De notre envoyé spécial à Séville, 
    Séville, la capitale de l’Andalousie, est la première grande ville espagnole à avoir été déclarée « en situation d’émergence climatique et écologique », en juillet 2019. À Las Vegas, l’un des quartiers les plus pauvres de l’Union européenne, les installations sont vétustes, il n’y a pas de piscine, presque pas d’ombre, et on souffre, d’autant que les coupures de courant sont fréquentes et durent parfois des semaines entières, voire des mois entiers. « Moi, quand je n’ai plus l’électricité, je sors et je vais dans un centre commercial, jusqu’à ce que le courant revienne, témoigne Juan Antonio, chauffeur, car on ne peut pas vivre avec 40°C chez soi. »
    L’immense majorité des Sévillans recourt à la climatisation, ils disent que c’est une nécessité, pas un luxe, dans une ville où les 40°C sont fréquents entre juin et octobre. D’ailleurs, elle est partout : dans les boutiques, les transports publics, les restaurants, les cafés. Mais dans les maisons, cela coûte cher, tout le monde ne peut l’utiliser tout le temps.
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    Des arbres pour faire baisser les températures
    Selon les experts, la climatisation ne peut être la seule solution. Soigner les arbres en est une autre, très importante. « C’est le meilleur remède qui existe pour affronter les vagues de chaleur, défend Antonio Fajardo, l'un des meilleurs spécialistes du sujet, des vagues de chaleur qui sont de plus en plus fréquentes et intenses. » 
    Antonio Fajardo fait partie d’un réseau de citoyens dont l’objectif est d’obliger la mairie à aménager un « anillo verde », une ceinture verte, un réseau d’espaces verts, de places arborées, de parcs, qui pourrait abaisser la température de 8 à 10°C. « On ne parle pas seulement d’arbres, on parle de santé, souligne Lola Luque, cette professeure est la coordinatrice de ce vaste collectif citoyen. Il faut faire un effort là-dessus et mettre les citoyens comme priorité par rapport à d’autres problématiques comme la circulation, le tourisme, la touristification. »
    La mairie conservatrice a voté en faveur de cette ceinture verte. Elle devrait donc se faire en théorie, mais les travaux n’ont pas commencé. Ismael Sanchez, élu d’opposition à gauche, est méfiant et critique plus généralement la passivité de la mairie face au changement climatique : « Le discours existe mais il ne s’accompagne pas de mesures, de politiques, ni de réalités budgétaires pour rendre tout cela réel. Pire, la tendance est exactement à l’inverse. » 
    La mairie se défend en promettant la neutralité climatique d’ici 2030 et en affirmant qu’elle investit massivement pour agrandir les espaces verts et lutter contre les îlots de chaleur. Lorsqu’on interroge les Sévillans, la grande préoccupation est de parvenir à dormir la nuit, avec ces températures tropicales allant jusqu'à 30 degrés.
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    En Allemagne, un «asile religieux» pour les personnes particulièrement vulnérables

    07/02/2026
    L'Allemagne accueille depuis une dizaine d'années des centaines de milliers de migrants, l'immense majorité est prise en charge dans un premier temps dans des foyers et ils sont répartis à travers tout le pays. Mais chaque année, environ 2 500 personnes bénéficient d'un « asile religieux » et sont hébergées par des églises catholiques et protestantes parce qu'elles sont particulièrement vulnérables. 
    De notre correspondant à Berlin,
    Antoine – qui a préféré ne pas donner son vrai nom – fait visiter l’appartement dans la paroisse de l’église protestante de Forst, dans le Brandebourg, où il est hébergé. Le jeune Camerounais partage cet appartement de trois pièces avec un Tchadien. Antoine est arrivé à la rentrée dernière en Allemagne. « Je viens du Cameroun, de Douala précisément. J'ai quitté le Cameroun parce que je suis homosexuel et l'homosexualité au Cameroun est très mal vue, témoigne-t-il, donc c'était très difficile. »
    Antoine est arrivé en Europe via la Roumanie. L’Allemagne avait six mois, conformément aux règles de Dublin, pour le renvoyer dans ce pays par lequel il est entré dans l’Union européenne. On a proposé au jeune homme de bénéficier du « Kirchenasyl », de l’asile religieux : une paroisse décide d’héberger un migrant dans une situation difficile pour le protéger. « La situation juridique est claire : on doit protéger les êtres humains, souligne Simon Klaas, le pasteur à Forst qui a accueilli Antoine. Ils ont le droit à l’asile politique. Une institution comme l’Église a le devoir de défendre ce droit. »
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    L'Église remplace l'État
    Cet asile religieux existe depuis une quarantaine d’années. Les autorités sont au courant, les paroisses doivent expliquer pourquoi les personnes accueillies sont particulièrement vulnérables, comme le fait pour Antoine d’être homosexuel. « Le fait d'être ici, à force, l'asile de l'Église m'a apporté la sécurité, confie Antoine. Déjà, parce qu'au camp, je n'étais pas vraiment en sécurité. La police vient souvent déporter les gens de Dublin vers leur pays d'origine. C'est un grand soulagement que les six mois de la procédure de Dublin soient passés. Je suis très content. »
    Cet accueil signifie que la paroisse remplace la puissance publique. Elle met un hébergement à disposition et Antoine reçoit 200 euros par mois de l’église de Forst pour se nourrir et pour ses autres frais. 
    Dans le Brandebourg, région qui entoure Berlin, une quinzaine de paroisses sur 500 offrent un asile religieux. Toutes n’ont pas les capacités logistiques, bien sûr. Mais nous sommes aussi dans un Land où l’extrême droite séduit un tiers de l’électorat. Simon Klaas ne crie pas sur les toits qu’il héberge des migrants. « L'extrême droite réinterprète les valeurs chrétiennes. Aime ton prochain se réduit à la famille ou aux voisins et à ceux qui te ressemblent, mais pas aux autres, dénonce le pasteur. C'est une perversion. »
    Antoine n’a pas souffert du racisme à Forst où il séjourne encore. Il y a deux jours, sa procédure d’asile en Allemagne a débuté avec un entretien de plusieurs heures. Il devrait connaître la décision des autorités après l’été. 
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    À Philadelphie, ambiance mitigée pour les 250 ans de la Déclaration d'indépendance des États-Unis

    07/02/2026
    Les États-Unis célèbrent ce samedi 4 juillet les 250 ans de leur indépendance. Une fête nationale que le président Donald Trump veut grandiose et qu'il a transformée en une manifestation partisane à sa propre gloire. Le coup d'envoi de ces festivités a été lancé il y a déjà plusieurs semaines, avec des événements organisés dans tout le pays. C'est à Philadelphie que la Déclaration d'indépendance a été signée le 4 juillet 1776. Mais à l'approche de l'anniversaire, la ferveur est pour le moins contenue. 
    De notre envoyé spécial à Philadelphie,
    Casquette sur le crâne et baskets aux pieds, Dan assure la visite du quartier historique de Philadelphie. Ce retraité reconverti en guide-conférencier entraîne derrière lui un petit groupe de touristes. Parmi eux, Andy Peters. Il vient de Floride et il parle de ces 250 ans comme d'un moment exceptionnel. « Ce n'est pas comme un 4-Juillet ordinaire. On dirait que cette fête dure toute l'année. Et c'est génial que ça coïncide avec la Coupe du Monde, se réjouit-il. J'entends tellement d'histoires de gens qui viennent d'Europe et d'autres régions du monde, et qui ont tous une vision différente de ce que veut dire être Américain. »
    Mais dès que l'on s'écarte de ces lieux chargés d'histoire, l'enthousiasme retombe. D'ailleurs, excepté les affiches 250 ans sur l'avenue qui conduit à l'hôtel de ville, rien ne laisse penser que Philadelphie s'apprête à célébrer un tel anniversaire. 
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    Peur du terrorisme et difficultés économiques
    Dans le square George Washington, c'est d'abord une certaine inquiétude que cette dame exprime : « Le terrorisme m'inquiète. Je ne sais pas ce qu'il va se passer… J'espère que tout le monde fera la fête, mais on vit une époque tellement folle. » Près d'elle, son mari se souvient du bicentenaire, en 1976, et d'un engouement bien plus important que pour ce « semiquincentennial », le nom donné à ce 250ᵉ anniversaire aux États-Unis. « Le bicentenaire, il y a 50 ans – 50 ans, déjà ! –, c'était géant ! Tout le monde en parlait : bicentenaire, bicentenaire ! Peut-être parce que c'est un chiffre rond et un mot plus facile à prononcer, suppose-t-il. Cette fois, c'est plus discret, autant que je puisse en juger. J'ai hâte d'y être, ça devrait être sympa. Mais ce n'est pas le truc énorme auquel je m'attendais. » 
    Il faut dire que le contexte économique n'aide pas. « Mon principal souci, c'est peut-être égoïste, mais c'est le coût de la vie », confie Christian, 26 ans, qui ajoute : « Je voudrais pouvoir aller au supermarché sans avoir à claquer la moitié de mon salaire. Je veux pouvoir payer mon loyer sans dépenser tout ce que j'ai… » 
    La visite guidée s'achève là où elle a commencé. Et malgré les réserves exprimées au sujet de ces 250 ans, Dan, le guide, n’est pas inquiet. « La ferveur prend clairement de l'ampleur », affirme-t-il. Mais dans les rues de Philadelphie, difficile de le confirmer. 
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