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À un mois des midterms, sur la route 66: déserts alimentaires et discrimination raciale à Tulsa [4/5]
10/01/2026La route 66, miroir de l'Amérique à cinq semaines des élections de mi-mandat. Quatrième étape sur cet axe routier mythique des États-Unis qui traverse huit États du centre et de l'ouest du pays. Tulsa dans l'Oklahoma est marquée par l'un des pires massacres racistes de l'histoire américaine. La communauté noire subit une nouvelle forme de discrimination : les déserts alimentaires, devenus un enjeu de campagne. Où quand il devient impossible de se procurer des aliments frais et bons pour la santé dans un rayon de 20 kilomètres.
À écouter aussiÀ un mois des midterms, sur la route 66: un patrimoine qui ne vaut plus rien [3/5]- À cinq semaines des élections de mi-mandat aux États-Unis, RFI poursuit son chemin sur le tracé de la route 66. Artère mythique qui traverse huit États américains, symbole d'une certaine idée de la liberté, celle des motards et des routiers, mais aussi d'une Amérique à deux vitesses, mégalopoles contre petites villes. Troisième étape aujourd'hui dans la commune de Baxter Springs au Kansas, où cette nostalgie de l'aventure ne fait plus recette. Et où, faute de clientèle, le patrimoine historique est laissé à l'abandon.
À lire aussiÀ un mois des midterms, sur la route 66: les ravages du fentanyl [2/5] - Deuxième épisode de notre voyage sur la route 66. À un mois des élections de mi-mandat aux États-Unis, Vincent Souriau prend le pouls des Américains sur ce tracé mythique qui traverse huit États du centre du pays. Et nous faisons étape à Saint-Louis dans le Missouri aujourd'hui. Plongée au cœur d'un gravissime problème de santé publique qui se fait entendre dans la campagne des élections de mi-mandat : la crise du fentanyl. Cette drogue de synthèse surpuissante qui tue chaque année des dizaines de milliers de personnes et dont les autorités américaines sont jusqu'ici incapables de juguler le trafic.
À lire aussiÀ un mois des Midterms, sur la route 66: l'explosion des prix du diesel [1/5] - Dans un mois, se tiendront aux États-Unis les midterms. Les élections de mi-mandat lors desquelles Donald Trump va tenter de sauver sa majorité au Congrès. À cette occasion, Vincent Souriau vous emmène toute cette semaine sur la route 66, pour une photographie de l'état d'esprit des Américains sur ce tracé mythique qui traverse huit États du centre du pays. Premier épisode entre Chicago, dans l'Illinois, et St. Louis dans le Missouri. Et là aussi, les prix du carburant ont explosé comme partout ailleurs. Le diesel, cœur de l'économie routière qui souffre et qui pèse sur le scrutin sur cette ancienne portion de la route 66.
À lire aussiL'administration Trump souhaite interdire les exportations de diesel pendant 90 jours - Quand faire des blagues mène en prison. En Turquie, un célèbre humoriste sera jugé à partir de ce lundi 28 septembre pour son dernier spectacle. Deniz Göktas est incarcéré depuis début juillet, accusé notamment d'« insulte » au président Recep Tayyip Erdogan. Sa détention et son procès illustrent l’ampleur des atteintes à la liberté d’expression en Turquie. Pour les comédiens de stand-up, l’autocensure est devenue la règle, malgré un attrait croissant du public pour l’humour politique. À Ankara, Anne Andlauer a assisté à un spectacle.
La soirée commence par ce qui est devenu une précaution d’usage : le public est prié de ne pas filmer le spectacle. Sur scène, Salih Tiras, 34 ans, figure montante du stand-up en Turquie. Il plaisante sur son look : chemisette noire, lunettes rectangulaires, petite moustache. Un humoriste « de gauche, mais qui a l’air de droite », c’est comme ça qu’il s’est fait connaître.
Puis il enchaîne les blagues sur l’opposition, le pouvoir, le président Recep Tayyip Erdogan, sa propre famille, la liberté d’expression. Il parle de Deniz Göktas, son collègue, son ami, en prison depuis juillet. Il demande au public de l’applaudir pour le soutenir.
Deniz Göktas risque jusqu’à dix ans de prison pour trois chefs d’accusation, dont celui « d’insulte au chef de l’État ». Dans son spectacle mis en ligne au début de l’été, il qualifie sans hésiter Recep Tayyip Erdogan de « dictateur ». Une ligne rouge, parmi tant d’autres. La satire politique est un terrain miné, sur lequel Salih Tiras tente lui aussi de tracer son chemin :
« Tu es tout le temps obligé de t’autocensurer. De penser : "Si je dis ça, je vais en prison." Il y a toujours eu des lignes rouges en Turquie. Les blagues sur la religion, par exemple. Mais la dose d’autocensure a énormément augmenté et les lignes rouges n’ont jamais été aussi floues. Et avec internet, tout le monde peut nous entendre. »
« Plus ton humour est politique, plus il touche de gens »
Tout le monde, y compris ceux que les blagues sur le pouvoir ne font pas rire, y compris des procureurs auxquels une poignée d’heures suffisent pour ouvrir une enquête. C’est pour ça que Salih Tiras demande à son public de ne pas filmer ses spectacles. D’un autre côté, il fait salle comble plusieurs soirs par semaine. Il y a une demande, une attente du public, poursuit-il :
« Plus ton humour est politique, plus il touche de gens. Je pense que c’est lié à l’état de la liberté d’expression. Les gens cherchent des humoristes dont ils peuvent dire : "Ce type parle de moi, il parle de ce qui me préoccupe." Mais le truc, c’est que quand tu montes sur scène et que tu racontes réellement ce qui se passe, les vrais problèmes de ce pays, tu risques la prison. »
Un peu de rire et de satire dans ce climat politique si lourd, c’est ce que sont venus chercher Muslu et son amie Eda, la trentaine tous les deux. « S’il n’y a pas de politique, je ne viens pas… », affirme Muslu. « On critique le pouvoir en famille, avec nos amis, mais jamais je n’oserais dire ces choses-là en public. Les humoristes sont un peu nos porte-voix. Et en même temps, ça fait du bien de rire pendant deux heures avec des inconnus qui pensent comme nous », ajoute Eda.
Ce soir-là, ils sont une petite centaine dans la salle. La vidéo du dernier spectacle de Deniz Göktas – celle qui lui vaut ce procès – a quant à elle été visionnée plus de 15 millions de fois.
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