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    L’inflation du quotidien inquiète les Russes

    2/12/2026
    La Banque centrale russe se réunit ce vendredi 13 février. Au menu : une baisse de son taux directeur. Officiellement, l’inflation est en recul, mais les Russes disent être contraints de toujours regarder davantage les étiquettes.
    La Banque centrale va-t-elle continuer sa politique des petits pas sur son taux directeur ? Après avoir atteint un plus haut de 21 % en octobre 2024, pour contrer une économie en surchauffe en raison de l’explosion des dépenses, celui-ci a été abaissé graduellement en 2025 pour atteindre 16 % le 19 décembre dernier. Sur le papier, l’inflation est enfin redescendue en dessous des 10 % en rythme mensuel et la croissance, elle, a très fortement décéléré : elle est prévue à 0,8 % en 2026, selon la dernière analyse du FMI publiée le 19 janvier dernier.
    Les Russes, eux, au quotidien, disent pourtant faire de plus en plus attention à leurs dépenses en raison de prix élevés. En raison notamment de l’augmentation de la TVA de 20 à 22 % le 1ᵉʳ janvier dernier, mais pas que. Rencontré dans une rue piétonne et commerçante du centre d’Irkoutsk, un jeune homme explique : « La chose la plus remarquable pour moi, personnellement, c’est le tarif du ticket de transport en mini-bus ; il a doublé depuis 4 ans que je vis ici. C’est beaucoup, c’est vraiment beaucoup. À un moment, je me suis même dit : "Mais, tout mon argent liquide a disparu ?!" Je me suis même dit qu’on m’avait volé. En fait, c’est juste que les tickets sont passés de 25 à 50 roubles chacun ».  Que faire ? Pas grand-chose à ses yeux : « C'est l’hiver, il fait -20°C, je ne vais pas aller à l’université à pied. » 
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    Faire des choix dans son budget
    D’autres, dans cette rue dotée de petites boutiques et d’un grand centre commercial au bout, ont en tête que chacun doit désormais faire des choix dans son budget. Comme cette mère de famille venue de la ville de Tchita, à près d’un millier de kilomètres d’Irkoutsk, avec son fils adolescent : « Quand je fais des cadeaux, explique-t-elle, j’essaie que ce soit quelque chose de pratique, par exemple pour la maison. En général, j’offre du textile, des serviettes, des torchons, quelque chose de pratique pour la cuisine. Que ça soit utile, pas juste pour le fun. »
    Quelques mètres plus loin, on croise une jeune fille pour qui les cadeaux, c’est sacré, et tant pis si elle doit se serrer la ceinture ailleurs. « Quand il s’agit de cadeaux, personnellement, je suis absolument sans limites, parce que je veux vraiment faire plaisir à ceux que j’aime, avec ce que je peux trouver de mieux, dit-elle dans un sourire. En revanche, je suis beaucoup plus prudente quand je fais mes courses au jour le jour. Surtout pour la nourriture. Après tout, on mange tous les jours, autant faire attention à ça. Sinon, il n’y a pas d’issue. »
    Le petit parti d'opposition Rasvët notait lui, hier, sur son réseau social : « En réalité, les prix peuvent fluctuer considérablement en fonction de la région, du réseau commercial ou de la catégorie de produits. » Ainsi, le coût des concombres dans la région de la Volga peut dépasser 400 roubles, à Omsk, c’est 500 roubles par kilogramme, et à Moscou, certaines variétés de tomates sont à 1 500 roubles. Pour la jeune fille en tout cas : « Cette hausse des prix, c’est vraiment inquiétant. On se demande quand ça va s'arrêter. Et si d’ailleurs ça va s’arrêter un jour. Ce sentiment d’instabilité, ça me préoccupe vraiment. »
    « On ne voit pas ce que l’avenir nous réserve »  
    Dans la ville d'Angasrk, à deux heures de route, certains s’inquiètent particulièrement pour les plus fragiles. Dimitri [il a demandé à n’être cité que par son prénom, NDLR] note : « Le prix pour un morceau de pain d’environ 400 grammes était de 44 roubles en décembre et il est passé à 49 en janvier. C’est +22 %, et encore, on parle d’un produit dont le prix est régulé. Et c’est pareil avec le lait, alors que ce sont des produits essentiels. Les prix ont déjà tellement bondi que c'est difficile pour les retraités, avec leur pension de 17 000 roubles. Et que va-t-il encore se passer ensuite ? On ne voit pas ce que l’avenir nous réserve. »
    Et quand ce n’est pas, encore une fois, l’incertitude sur l’avenir qui est soulevée, c'est une question plus précise qui pointe, comme chez Oleg [lui aussi a demandé à n’être cité que par son prénom, NDLR] : « Je m’inquiète que la population s’appauvrisse. Je pense qu’il va y avoir de moins en moins d’argent en Russie, que les budgets publics vont devoir être revus à la baisse plus d’une fois. Et plus la pression sera élevée, moins il y aura d’argent et plus la nourriture sera chère. »
    Il y a 10 jours, Vladimir Poutine annonçait que la croissance 2025 avait bien été de 1 %, très en dessous des performances des deux années précédentes. Et demandait à son gouvernement de tout mettre en œuvre pour la faire repartir.
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    «Nous recevons des menaces»: Iran International, une chaîne en persan face au défi d'informer depuis Londres

    2/11/2026
    Comment continuer d'informer les Iraniens en pleine répression et au milieu d’un blackout informationnel ? Informer et soutenir les Iraniens, c’est la mission que s’est fixée la chaîne de télévision Iran International, en langue persane et considérée comme une entité terroriste par le régime des Gardiens de la Révolution. Iran International revendique des millions de téléspectateurs à travers le monde. Sa particularité : elle émet depuis Londres. Visite de la rédaction ultra-sécurisée.
    De notre correspondante à Londres,
    Nichés au cœur d’une zone industrielle, les studios d’Iran International sont cachés derrière des barrières opaques. Sharareh Azizi vient de présenter son dernier JT de la journée. La journaliste a les traits tirés, après un mois à couvrir la répression en Iran : « C’est un poison, jour après jour, de voir les images, d’écrire des articles, de monter des vidéos en floutant le sang, puis de prendre l’antenne. Parfois, je me mets à pleurer face caméra. Ça me rend triste, parce que c’est mon pays, que j’aime. Nous traversons un traumatisme collectif. »
    Établie en 2017 et financée par un investisseur saoudien, la chaîne emploie des journalistes iraniens, qui assistent de loin à ce qui se passe dans leur pays. Depuis le début des manifestations, le rédacteur en chef Aliasghar Ramezanpoor a dû réorganiser ses équipes : « Nous avons dû demander du renfort pour notre couverture, par exemple au service des sports. Mais le problème, c’est qu’on doit forcer les journalistes à prendre leur repos hebdomadaire ! Ils se sentent coupables de prendre un jour de repos à la maison et de ne pas pouvoir couvrir ce qui se passe en Iran. »
    La rédaction a mis en place un soutien psychologique. Surtout que la chaîne fait partie des ennemis du régime : « Nous recevons des menaces, nos familles en Iran sont convoquées et le régime sait où nous vivons. C’est devenu une habitude : ne pas quitter nos domiciles toujours à la même heure, limiter nos sorties en public. »
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    Une carte qui recense les victimes
    En bas de l’écran, des messages défilent pour donner des nouvelles à la diaspora. Ainsi que les photos des victimes identifiées. Au rez-de-chaussée de la rédaction, Roland West, le directeur créatif, a créé une carte pour recenser les milliers d’Iraniens tués. « Cette base de données contient toutes les victimes vérifiées, à travers tout l’Iran. C’est assez simple pour l’instant : on a une photo pour la majorité des gens, un nom, un endroit, parfois leur âge. J’aimerais qu’on traduise cette carte en anglais, parce que c’est un outil puissant. »
    Une sorte de monument aux morts virtuel, au-delà de la dimension informative. Le projet pourrait avoir un intérêt futur, explique Adam Baillie, porte-parole d’Iran International. « Certes, nous ne sommes pas un tribunal, ni une ONG, mais toutes ces informations vérifiées que nous avons, nous les tenons à disposition si le conseil des droits humains des Nations unies veut poursuivre des membres du régime. »
    Avec ses 50 millions de téléspectateurs hebdomadaires, Iran International se revendique comme la voix du peuple iranien, de l’extérieur.
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    À Minneapolis, la communauté somalienne vit dans la «peur constante» des descentes de l'ICE

    2/10/2026
    Arrestations brutales et arbitraires souvent au faciès, la police de l’immigration toujours présente à Minneapolis et dans l’État du Minnesota suscitent la peur, notamment dans la communauté somalienne. Le Minnesota regroupe la plus importante diaspora somalienne des États-Unis. En décembre dernier, le président Trump avait dit ne plus vouloir d’eux dans le pays : il a révoqué le statut de protection temporaire pour les Somaliens en janvier. La communauté somalienne de Minneapolis a été prise pour cible à cause d’une affaire de fraude aux fonds publics autour de programmes sociaux. Des cas de fraudes avérés dont des ressortissants somaliens étaient responsables et qui ont légitimé, aux yeux de Donald Trump, de s’en prendre à cette diaspora.
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    «Aucune évaluation environnementale stratégique»: aux JO de Milan-Cortina, la colère des écologistes

    2/08/2026
    Les Jeux olympiques d'hiver 2026 ont commencé. Derrière les images spectaculaires des montagnes du nord de l'Italie se cache une réalité bien différente : l'impact environnemental. La candidature italienne promettait des Jeux « durables », à l'impact nul ou presque. Mais le bilan s'avère bien moins reluisant. Les acteurs de la protection de l'environnement dénoncent un manque de concertation et de transparence. Reportage de notre correspondante à Cortina d'Ampezzo. 
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    Pourquoi le Honduras veut rétablir ses relations diplomatiques avec Taïwan

    2/07/2026
    Les relations diplomatiques Honduras-Taïwan furent coupées en 2023 par la présidente Xiomara Castro au profit de la Chine. Le nouveau président hondurien, Nasry Asfura, soutenu par Donald Trump, a évoqué à de nombreuses reprises son souhait de tourner le dos à Pékin. Pour Taïwan, ce serait une opportunité de pouvoir peut-être regagner un de ses rares alliés sur la scène internationale. Rencontre à Taïpei avec la diaspora hondurienne, installée à Taïwan avant la rupture des liens diplomatiques.
    De notre correspondant à Taipei,
    Aldo Balsamo vit depuis cinq ans à Taïwan. Arrivé sur l'île grâce à une bourse d'études offerte par le gouvernement taïwanais, il a décidé de poursuivre ses études malgré la rupture diplomatique entre le Honduras et Taïwan en 2023 : « Si je devais donner un pourcentage, je dirais entre 70 et 80% de chances que le président rétablisse une relation avec Taïwan. Mais il y a toujours la possibilité que la Chine le séduise avec un accord, ce qu'ils ont souvent fait dans la région. »
    Une possibilité qu'il n'envisage pas sereinement : « J'aime Taïwan. Mais l'idée que nous puissions arrêter de reconnaître la Chine au profit de Taïwan me fait un peu peur. Je sens qu'il y a de bonnes chances que la Chine puisse riposter contre le Honduras. Chez nous, tout est chinois de nos jours… C'est assez effrayant. »
    Si Aldo a pu rester à Taïwan malgré l'arrêt de sa bourse d'études, c'est en partie grâce au soutien de la communauté hondurienne, menée par Fernando Ramos. Avocat et journaliste, il est à Taïwan depuis plus de dix ans. C'est une figure très active de la petite communauté hondurienne sur l'île.
    « Économiquement, c'était désastreux pour nous. L'industrie de la crevette est morte, le nombre de bourses d'études a été réduit, nous n'avons vu aucun bénéfice pour le café ou quelque produit agricole que ce soit. De l'autre côté, ajoute Fernando Ramos, nous avions Taïwan qui offrait trois fois plus de bourses d'études, achetait 40% de notre production de crevettes. Je ne vois pas de raisons qui indiqueraient pourquoi le gouvernement hondurien devrait rester avec la Chine. »
    « Des raisons économiques, diplomatiques »
    Pour lui, les raisons de rétablir une relation diplomatique avec Taïwan seraient donc économiques, mais aussi politiques, voire idéologiques : « Je pense que Nasry Asfura doit beaucoup à Trump pour son élection, et qu'il fera ce que Trump veut. Ni les Honduriens ni le gouvernement du Honduras ne se laisseront convaincre par de simples promesses chinoises. »
    Si revirement il y a, ce serait une défaite diplomatique difficile à encaisser pour la Chine, dans un contexte politique régional tendu, comme le rappelle Florencia Huang, universitaire taïwanaise spécialiste de l'Amérique latine : « La Chine n'accorde peut-être pas beaucoup d'importance au Honduras. Mais nous devons également tenir compte du fait que la Chine se trouve actuellement dans une situation très difficile en raison du cas Maduro au Venezuela. Si la Chine souhaite conserver son influence dans ce moment critique, elle tentera de ne pas perdre un autre allié en Amérique centrale. Elle va donc surement essayer de négocier et de tenir ses promesses faites en 2023. »
    Depuis le début des années 2000, neuf pays d'Amérique centrale et des Caraïbes ont reconnu la Chine au détriment de Taïwan : parmi eux, aucun n'est revenu sur sa décision.
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