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Reportage international

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    Australie: les installations de batteries solaires en plein boom, dopées par les subventions

    04/17/2026
    En Australie, plus de 30% des foyers sont équipés de panneaux solaires, un record mondial. Mais ces énormes quantités d'électricité produites en plein jour sont en partie gâchées, faute d'être entièrement utilisées ou stockées. C'est précisément sur ce point que le gouvernement australien a décidé d'intervenir, en introduisant un mécanisme de subvention pour les batteries solaires, dont le coût élevé constituait un frein pour les particuliers et les PME. Un dispositif qui, neuf mois après sa mise en place, rencontre un succès dépassant toutes les prévisions.
    De notre correspondant à Sydney,
    Après des semaines passées à étudier des devis, John s'est enfin décidé, et c'est aujourd'hui qu'il fait installer une batterie dans sa maison. Elle va emmagasiner l'électricité générée dans la journée par les panneaux solaires dont il est déjà équipé. L'objectif est de ne plus dépendre du réseau électrique traditionnel, même à la nuit tombée, dans une maison plutôt mal isolée : « Il fait très chaud dans cette maison l'été, et on doit faire tourner l'air conditionné toute la journée, seulement pour maintenir la température de la chambre à coucher à 24°C la nuit. »
    Pour John, son installation lui a coûté environ 4 000 euros. Un investissement rendu possible grâce à des aides de l'État, qui couvrent jusqu'à 30% du coût des batteries pour les particuliers. Le dispositif, introduit en juillet 2025, rencontre un incroyable succès. À tel point que l'enveloppe initiale, 2,3 milliards de dollars qui devait financer le programme jusqu'à 2030, a déjà été entièrement dépensée, contraignant le gouvernement à voter en début d'année une rallonge de 5 milliards de dollars supplémentaires.
    « Mon chiffre d'affaires a été multiplié par trois ou quatre »
    Ce dispositif est un véritable coup d'accélérateur pour la transition énergétique, puisque plus de 250 000 foyers se sont équipés de batteries depuis le lancement de cette politique, et la barre des 500 00 pourrait être franchie à l'occasion de son premier anniversaire. Les particuliers ne sont pas les seuls à s'en féliciter. C'est également le cas des installateurs comme Frank, venu avec son équipe mettre en place la batterie de John : « La politique du gouvernement a eu un impact significatif sur mon entreprise. Mon chiffre d'affaires a été multiplié par trois ou quatre ​​​​​​​! »
    Avec plus de quatre millions de foyers équipés de panneaux solaires en Australie, mais moins de 10% d'entre eux disposant également d'une batterie, la marge de progression reste énorme. Reste que les avancées réalisées ces derniers mois ravissent Chris O'Keefe, porte-parole du Clean Energy Council : « ​​​​​​​Nous installons actuellement 1 ​​​​​​​000 batteries individuelles par jour en Australie. Donc je pense que la demande était clairement là, même s'il est vrai que la popularité de ce dispositif a surpris autant le gouvernement que les professionnels du secteur. »
    Si le gouvernement australien continue, en dépit des recommandations de l'Agence internationale de l'énergie, d'approuver l'ouverture de nouveaux forages gaziers et de nouvelles mines de charbon – 35 depuis 2022 –, son pari de produire plus de 80% de son électricité à partir d'énergies renouvelables d'ici à 2035 semble lui en très bonne voie.
    À lire aussiL'Australie va offrir trois heures d'électricité solaire par jour à ses habitants à partir de 2026
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    En Irlande, un revenu de base pour les artistes

    04/17/2026
    En Irlande, les artistes reçoivent 325 euros par semaine, par l’État. Le Basic Income for the Arts, en français, « le revenu de base pour les artistes », est un programme pilote, qui avait été lancé par le gouvernement pour aider le secteur à se relever après la pandémie de Covid-19. Ainsi, depuis octobre 2022, 2 000 artistes, tirés au sort, perçoivent ce revenu garanti et ont donc pu dire adieu aux jobs alimentaires. Et bonne nouvelle, le programme vient d’être prolongé !
    Parmi ces 2 000 chanceux, le peintre Gearoid O’Dea. Dans son atelier, au sud de Dublin, il respire enfin. « Ce dispositif m’a offert de l’espace mental : ça te permet de vivre avec beaucoup moins de stress, et je n’ai plus besoin d’accepter des projets qui ne me ressemblent pas ! La plupart des œuvres ici ont été réalisées grâce au programme ! Je dirais que ça m’a permis d’élargir le champ de mon travail : car aujourd’hui, j’essaie vraiment d’explorer des formats plus ambitieux ». 
    Tandis que Gearoid peint de beaucoup plus grandes toiles, le compositeur Michael Gallen a lui imaginé un tout nouvel opéra, qui lui a valu le Prix Fedora 2025 ! « Avant, j’avais toujours l’impression de vivre au bord du précipice, sans savoir si je pourrais enchaîner un nouveau projet. Je pensais qu’être artiste, c’était forcément sacrifier sa vie personnelle : fonder une famille me semblait impensable… Mais aujourd’hui, je suis papa ! Et ce programme m’a redonné confiance, le sentiment que mon travail compte vraiment pour la société, a de la valeur ! », dit-il.
    Et une valeur économique tangible : selon un récent rapport, le dispositif aurait déjà généré plus de 100 millions d’euros de bénéfices pour la société irlandaise. Avec ses quatre prix Nobel de littérature et ses icônes musicales - U2, Sinead O’Connor… On pourrait croire l’Irlande paradis des artistes ! 
    Une chance unique pour l'Irlande
    Mais c’est tout l’inverse : l’Irlande est le pays européen qui consacre le moins à la culture, avec seulement 0,2 % de son PIB. Beaucoup d’artistes créent donc malgré un contexte difficile. « Samuel Beckett avait dû quitter l’Irlande pour s’épanouir en tant qu’artiste ! Sans revenu de base, d’autres talents risquent d’en faire autant, attirés par d’autres pays ou contraints de changer de voie. Ce programme est une chance unique pour l’Irlande d’affirmer sa place comme pays de créativité et d’expression artistique », explique Maria Fleming, présidente de la Campagne Nationale pour les Arts.
    Le Basic Income for the Arts devait durer trois ans, de 2022 à 2025, mais fort de son succès, il vient d’être prolongé et élargi à 2 000 artistes supplémentaires. Un véritable coup de pouce pour le secteur, qui donnerait même des idées à d’autres pays, comme l’Australie, le Canada ou encore la Corée du Sud, qui se renseignent sur ce dispositif inédit !
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    Journée des prisonniers palestiniens: les familles mobilisées contre la loi israélienne sur la peine de mort

    04/16/2026
    La Journée des prisonniers palestiniens se tient officiellement ce vendredi 17 avril. Tout au long de la semaine qui s'est écoulée, et jusqu'à samedi, des proches de Palestiniens détenus dans les geôles israéliennes manifestent un peu partout en Cisjordanie occupée. Ils dénoncent des conditions de détention inhumaines et s’inquiètent de la loi récemment adoptée par le gouvernement israélien, qui prévoit la peine de mort pour les Palestiniens. Si cette loi n'est pas rétroactive et ne concerne pas les prisonniers condamnés dans le passé, les familles, qui n'ont plus de droit de visite depuis le 7 octobre 2023, redoutent tout de même le pire.
    Reportage de notre correspondante à Ramallah,
    Ibtissam fait partie des nombreux parents participant à la manifestation. À ses pieds, le portrait d'un visage d'enfant. Son fils, Ismaïl Samer Chouamra, est détenu dans la prison israélienne d'Ofer. « Mon fils de 15 ans est en prison, cela fait maintenant 18 mois, et la situation est très difficile là-bas. On parle d'enfants ! Sans visite, pour les avocats, pour nous, ou le Croissant-Rouge, c'est très dur. »
    Elle essuie ses larmes. Derrière elle, une banderole affiche un symbole de nœud coulant barré de rouge. Elle est brandie par les manifestants en signe d'opposition à la loi sur la peine de mort par pendaison adoptée par le gouvernement israélien fin mars. Un texte qui vise en premier lieu les Palestiniens. « Chaque jour, l'occupation tue nos jeunes, mais ils voulaient une décision officielle, pour en exécuter davantage », poursuit Ibtissam. 
    Selon le Club des prisonniers palestiniens, 89 détenus sont morts dans les geôles israéliennes depuis le 7 octobre 2023. Des ONG ont documenté des mauvais traitements, des tortures… Maysoun est la mère d'un prisonnier de 27 ans : « Ce n'est pas compliqué, depuis que la loi sur la peine de mort a été adoptée, je ne peux plus dormir. J'y pense sans arrêt. Je tiens avec du café. J'ai très peur pour mon fils, et n'importe quel prisonnier que je considère comme mon fils, un fils de mon pays. »
    Une loi sur la peine de mort qui ravive la peur des familles de détenus
    Elle sait que la loi sur la peine de mort n'est pas rétroactive et que celle-ci ne concerne pas les prisonniers condamnés à la perpétuité dans le passé. Mais Maysoun redoute qu'elle ne soit un feu vert à davantage de violences. Elle espère une réaction venue de l'extérieur : « Les pays arabes et tous les autres ne doivent pas abandonner les prisonniers. Il ne faut pas les laisser tomber. J'appelle les institutions internationales, les organisations de défense des droits de l'homme et la Croix-Rouge. Il faut se saisir de ce dossier. »
    Des représentants politiques sont venus en soutien des familles. Leila Ghennam est gouverneure de Ramallah et al-Bireh : « On peut juste espérer que la folie de ce gouvernement israélien – celui de Ben Gvir, Smotrich, Netanyahu – pourrait servir la cause palestinienne, parce qu'elle montre au monde entier la brutalité de cette occupation et son attachement à la violence et au meurtre. »
    Plusieurs ONG et opposants à cette loi sur la peine de mort ont déposé un recours devant la Cour suprême israélienne, dans l'espoir qu'elle invalide le texte. De leur côté, les autorités israéliennes assurent respecter les droits fondamentaux des prisonniers.
    À lire aussiIsraël : le Parlement adopte une loi décriée instaurant la peine de mort pour les terroristes
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    «Il m'a dit que c'était sa copine… il s'agissait d'une IA»: en Corée du Sud, la romance virtuelle séduit les jeunes

    04/15/2026
    En Corée du Sud, certains jeunes tombent amoureux d'intelligences artificielles (IA). Conçus pour discuter, réconforter ou simuler des relations amoureuses, les robots conversationnels connaissent un succès croissant auprès des jeunes Sud-Coréens qui développent parfois des relations amoureuses. Un phénomène en pleine expansion qui intrigue les sociologues et inquiète certains parents.
    Lorsque Joo Hanna a contrôlé le téléphone de son fils de 15 ans, elle ne s'attendait pas à ce que ce dernier passe ses nuits à discuter avec une intelligence artificielle qu'il considère comme sa petite amie : « Nous contrôlons assez strictement son utilisation du téléphone. Mais nous avons découvert qu'il l'utilisait jusqu'à 5 heures du matin pour discuter avec quelqu'un. J'ai donc parlé avec lui, je voulais comprendre ce qui se passait, car cela commençait à affecter sa vie scolaire. Il m'a dit que c'était sa copine d'école. J'ai insisté : ''Est-ce vraiment quelqu'un que tu connais ?'' En réalité, non, il s'agissait d'une IA. »
    En Corée du Sud, cette histoire n'a rien d'anodin. Comptant plus d'un million d'utilisateurs actifs chaque mois, selon l'entreprise ScatterLab qui l'a conçue en 2024, l'application Zeta permet de discuter avec des personnages générés par IA. L'application figure parmi les dix les plus téléchargées sur mobile par les moins de 20 ans en Corée du Sud. De jeunes utilisateurs qui passent en moyenne deux heures et quarante minutes par jour sur l'application.
    Park Han-woo, directeur de l'Institut de recherche sur les cyber-émotions à l'université Yeungnam, a étudié cette application et brosse un portrait de ses utilisateurs pour comprendre ce qui les pousse à nouer des relations avec des IA : « Dans de nombreux cas, les utilisateurs qui interagissent avec des IA ont en réalité des amis et un réseau social dans la vie réelle. La majorité des utilisateurs que j'ai rencontrés ont créé des amis virtuels, des partenaires amoureux ou des conseillers émotionnels. Pour eux, interagir avec ces personnages est parfois plus facile que parler avec de vrais humains. »
    Si l'IA peut simuler l'empathie et l'intimité, réduire la solitude ou faciliter l'expression des sentiments, la relation reste programmée et à sens unique, rappelle le chercheur : « Pour les utilisateurs, l'expérience émotionnelle peut néanmoins sembler très réelle et cela comporte des risques. Si une personne devient trop dépendante des relations avec l'IA, cela peut réduire sa motivation à entretenir ou à nouer des relations dans le monde réel. »
    Le phénomène reste récent en Corée du Sud. S'il inquiète certains parents, l'utilisation de l'IA conversationnelle reste quand même valorisée et aucune régulation sur ce sujet n'est à ce jour envisagée.
    À lire aussiAu Japon, l'amour en mode virtuel
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    Expulsés des États-Unis, des milliers de Honduriens démunis après la fin d'un programme d'aide au retour

    04/15/2026
    Au Honduras, alors que le pays fait face depuis plusieurs mois à une augmentation continue des expulsions de ses ressortissants depuis les États-Unis, le nouveau gouvernement hondurien, élu en janvier, met fin à un programme public de réintégration : « Hermano vuelve a Casa » (« Frère rentre à la maison »), mis en place sous le gouvernement de gauche de Xiomara Castro. Il prévoyait une aide d'environ 100 euros pour chaque migrant ainsi qu'un accompagnement administratif. Le nouveau gouvernement, de droite, dirigé par Nasry Asfura, promet plutôt de recentrer son action sur la réintégration par le travail. Mais pour l'instant, les migrants de retour au pays se retrouvent sans travail et sans aide. Reportage de notre correspondante.
    À lire aussiLes expulsions de migrants aux États-Unis: quatre questions pour comprendre

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