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Reportage international

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    Belgique: à Bruxelles, la violence liée au narcotrafic gagne du terrain

    09/10/2026
    Le risque que la Belgique devienne un narco-État a été évoqué par le directeur des douanes devant l’extension des réseaux criminels dont les trafics gravitent autour des ports d’Anvers et Rotterdam. Les réseaux se livrent à une lutte de territoires et n’hésitent plus à ouvrir le feu. Près de 300 fusillades ont été comptabilisées en cinq ans, dont plusieurs cet été.
    Devant la pizzeria de Salvatore, dix-sept impacts de balles témoignent encore de la rafale de kalachnikov : « C’était tous les jours comme ça, le bruit. On avait l’habitude de voir les vendeurs, tout simplement, et les clients, qui embêtaient le voisinage. Pas les rafales, tu vois. Ça ne tirait pas comme maintenant. »
    Place de Bethléem, 100 mètres plus loin, les petits jouent à nouveau près des jets d’eau, à la grande joie de Camille Mottet. Son association « La Ville aux enfants » a co-organisé une manifestation après les fusillades. « Là où on est, avant le Covid, la place, c’était les familles. Et puis il y avait les dealers qui étaient un peu plus haut, mais ce n’était pas des drogues dures, je pense. Tout ce petit monde arrivait quand même à cohabiter et, en fait, depuis le Covid, les familles ont quand même été retirées de l’espace public. Il n’y avait plus que des hommes sur cette place. Et voilà, il y a tout un engrenage qui s’est mis en place », explique-t-elle.
    Pour le bourgmestre de Saint-Gilles, il faut mettre les bouchées doubles sur la prévention et la répression. « On a un deal de rue qui est devenu autre chose que le deal de rue à l’ancienne, où on vendait un peu d’herbe à la sauvette. On est dans des organisations criminelles. On pourrait être sur un décor de GTA ou de Fortnite. En fait, ils se tirent dessus pour se faire peur avec des armes automatiques. Heureusement que, jusqu’à présent, ils n’ont pas fait de dégâts, mais ça ne saurait tarder », craint Jean Spinette.
    Prévention et répression 
    Le procureur du roi, Julien Moinil, réclame à cor et à cri des dizaines d’enquêteurs pour faire face et traquer les dirigeants des réseaux, seul moyen de gagner ce qu’il appelle une guerre : « C’est très bien de faire des actions pour rassurer la population, montrer que la police est là et procéder à des arrestations de petits dealers en flagrant délit. Mais ce qui compte, c’est que la police fédérale ait cette puissance qui me permette de couvrir le crime organisé bruxellois dans sa totalité. »
    Mehdi Kassou est le directeur général de BelRefugees, qui héberge bon an mal an 6 000 personnes, et il tire la sonnette d’alarme, car les associations subissent des coupes budgétaires drastiques : « La suppression de ces moyens va inéluctablement amener minimum 1 000 personnes à aller rejoindre les milliers de personnes qui sont aujourd’hui en errance ou sans abri à Bruxelles. En créant donc une masse de personnes ultra-précarisées, avec, selon nous, deux conséquences potentielles assez immédiates. La première, c’est que ce public est un oiseau pour le chat, et donc ils sont déjà, pour une grande partie, victimes de trafic d’êtres humains. Ils seront aujourd’hui plus que probablement, en plus d'être victimes d’un trafic d’êtres humains aussi au sein d’organisations criminelles. »
    Pendant ce temps-là, dans le bas de Saint-Gilles, le quartier autour de la gare du Midi est peuplé de consommateurs de crack qui ne tentent même pas de se cacher au passage des policiers.
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    L'immigration est au cœur de la campagne des législatives en Suède

    09/09/2026
    À trois jours des élections législatives en Suède, un sujet s’impose au cœur de la campagne : l’immigration. Il y a dix ans, la Suède était l’un des pays européens les plus ouverts à l’immigration. Depuis, le pays a opéré un virage spectaculaire. Le gouvernement revendique une hausse de plus de 60 % des expulsions de personnes migrantes depuis son arrivée au pouvoir en 2022. Un tournant largement porté par les Démocrates de Suède, l’extrême droite anti-immigration. Deuxièmes dans les intentions de vote à quelques jours des législatives, ils soutiennent le gouvernement depuis quatre ans. Mais cette fois-ci, ils veulent entrer au gouvernement, et la droite leur ouvre la porte en cas de victoire.
    Un reportage de notre correspondante à Stockholm à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
    À lire aussiÉlections en Suède: les sociaux-démocrates favoris dans un pays marqué par le discours de l'extrême droite
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    Au Mica Center, rattaché à la Marine nationale, des officiers veillent sur les mers du globe

    09/08/2026
    Des drones contre un pétrolier au large du Yémen, des pirates qui abordent un cargo dans le golfe de Guinée, un tanker frappé dans le détroit d’Ormuz, les grandes routes maritimes du commerce mondial sont sous tension ces derniers mois. Et un incident suffit à perturber les chaînes logistiques. À Brest, dans le centre de la Marine nationale, des officiers veillent sur les mers du globe. Leur mission est de collecter des informations, les vérifier, et surtout,alerter les armateurs et les équipages. Reportage au Mica Center. 
     
     
    Dans une petite salle sans fenêtre, sur les écrans, une carte du golfe de Guinée. Dessus, des dizaines de points colorés se déplacent : des cargos, des pétroliers, des bateaux de pêche. Ils sont suivis en temps réel par l’officier marinier Pierrick. Il est ce qu’on appelle ici un « watch keeper », un veilleur de quart. « Chaque point est un bateau dans lequel nous avons ce qu'on appelle une datacarte, donc une fiche avec différentes informations comme ses identifiants, ses contacts, s'il est plus ou moins vulnérable et par exemple les personnes qui sont à bord », présente-t-il. 
    Sur ces écrans, les officiers de marine suivent les navires, mais ils sont aussi là pour traiter les incidents. L’appel ici n’est qu’un exercice, mais à chaque alerte la procédure est la même. « À partir de là, nous allons prendre un maximum d'informations, confirmer si on peut l’incident, contacter la compagnie, contacter directement les autorités locales. Nous ne sommes vraiment, en soi, que la porte d'entrée de l'information et à partir de là, essayer de partager un maximum d'informations avec eux, récupérer des informations de notre côté avec les autres bateaux sur zone, pour essayer de mettre en place le plus rapidement possible une aide pour le navire si celui-ci est vraiment en danger », explique Pierrick. 
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    Car si le rôle du Mica center est d’aider les navires en difficulté, son autre mission est de collecter les informations puis de les diffuser à ses adhérents. Quelques 1 700 navires répartis sur les mers du globe. Dans le golfe de Guinée, les actes de piraterie sont en baisse, bien loin du pic des années 2020 avec 240 incidents répertoriés, on est redescendu à 30 à 40 actes par an. Et depuis six mois et le conflit entre l’Iran, les États-Unis et Israël, le regard des opérateurs s’est déplacé sur l’une des routes les plus stratégiques de la planète : vers le Moyen-Orient et le détroit d’Ormuz. 
    « Ça a intensifié le travail, ça nous a focalisés avec une attention particulière et naturelle sur l'évaluation sécuritaire de la zone, explique le capitaine de frégate Emmanuel, commandant du Mica center. Dans le cas concret de la zone Ormuz -situation extrêmement volatile - ce que nos adhérents nous demandent : c'est "Quelle est notre appréciation de la situation ? Est-ce qu'ils peuvent faire passer leurs navires ? Est-ce qu'ils peuvent avoir confiance pour passer à droite ou à gauche du détroit ?" Et notre travail, de la manière la plus neutre possible, la plus objective possible, c'est de leur dire ce que nous voyons, d'analyser avec nos opérateurs sur place, qu'est-ce qu'il se passe pour leur permettre de prendre une décision en faisant leur propre analyse du risque ? Et ça, c'est du quotidien. »
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    Pour cela le Mica Center s’appuie sur les données en sources ouvertes, mais il dispose aussi d’informations plus confidentielles. « Là, vous avez par exemple un bateau de pêche, on va zoomer un petit peu plus. Et sur cette cartographie, vous avez la typologie des bateaux, vous avez leur pavillon, leur pays d'origine, etc. Et là, c'est ce que vous voyez. Bien évidemment, c'est ce que tout le monde peut voir sur une carte. Et il y a évidemment ce que vous ne voyez pas, puisque face à des situations sécuritaires compliquées, certains navires décident de couper leurs émissions », précise le commandant du Mica Center.
    Il ajoute : « Le Mica Center, par le biais de son lien avec les autorités militaires et les opérations militaires qui se déroulent dans certaines zones, peut voir certaines choses qu'on ne voit pas sur les sites publics. Ça nous sert à mieux appréhender la situation de la zone. Et éventuellement, à partir du moment où vous savez où sont les personnes, vous êtes capables d'intervenir ou de faciliter l’intervention ». 
    Est-ce grâce à l'aide de la Marine ? Le commandement français ne le confirmera pas. Reste que plusieurs navires sous intérêts français ont réussi à sortir du détroit d'Ormuz sans encombre, au plus fort de la crise.
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    «The Farmer Case » en Belgique: reprise du procès en appel d'un paysan contre la multinationale TotalEnergies

    09/07/2026
    C'est une affaire judiciaire inédite qui se déroule en Belgique. Un paysan poursuit la multinationale TotalEnergies en justice pour les effets du dérèglement climatique sur sa ferme. La justice belge a déjà jugé l'affaire recevable en mars dernier, mais Total conteste et a fait appel. C'est ce mardi 8 septembre que le procès en appel reprend. La justice Belge doit maintenant décider quelle juridiction doit s'occuper du dossier et établir un calendrier concernant ce que les soutiens de l'agriculteur ont appelé le « Farmer Case », ou « l'Affaire du paysan ».
     
    Tout n'est pas perdu après cet été de canicules et de sécheresse pour Hugues Falys, agriculteur et militant en Belgique depuis près de 30 ans. Mais pour lui, c'est clair, il faut désormais affronter des évènements extrêmes, signe d'un dérèglement climatique profond : « En 2016, on a eu un orage stationnaire avec des gros dégâts dans les cultures de fraises et de pommes de terre notamment. Et puis en 2018, 2020 et 2022, là, on a eu des très grosses sécheresses, donc avec des conséquences importantes au niveau financier, au niveau organisationnel. Et c'est vraiment le rapprochement entre ces événements climatiques exceptionnels qui a été, en fait, le moteur d'une prise de conscience du fait que le climat change ».
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    L'impact est aussi psychologique. « Sur le moral, c'est compliqué. Surtout qu'on se dit, mais si ça continue à empirer, vers quoi va-t-on et comment est-ce qu'on va arriver à gérer ? », interroge-t-il. Et c'est de loin la combustion de pétrole, de gaz et de charbon, la première cause du réchauffement climatique. Hugues Falys a donc décidé de poursuivre TotalEnergies, principal raffineur et distributeur en Belgique. Il est soutenu par une coalition d'ONG, dont la Ligue des droits humains dirigée par Pierre Arnaud Perrouty.
    « Total, c'est une carbone major comme on l'appelle, c'est-à-dire une des principales compagnies du monde, la cinquième ou la sixième. Donc, elle a un impact majeur. Une entreprise comme ça, c'est quand même autant d'émissions que la France entière sur une année. Donc c'est gigantesque », explique-t-il.
    « Des militants fatigués d'attendre que la solution vienne des gouvernements »
    Et c'est pour cela, selon lui, que dans le monde, les procès climatiques se multiplient contre l'impunité des multinationales et l'inaction des États. « Les militants sont un peu fatigués d'attendre que la solution vienne des gouvernements. Il y a eu des petites actions, mais globalement, les gouvernements en Europe et ailleurs dans le monde ne prennent pas la mesure du dérèglement climatique. Chaque année, il y a de nouveaux rapports, de nouvelles données qui nous montrent que le dérèglement s'aggrave. Et pourtant, la réponse politique n'est pas à la hauteur. Et donc, ces procès, c'est une manière comme une autre de faire pression à la fois sur les pouvoirs publics, mais à la fois sur les multinationales aussi, pour obtenir un changement du réel. En fait, ce n'est pas simplement une condamnation de principe, c'est de faire que les pratiques se transforment », poursuit Pierre Arnaud Perrouty.
    C'est le principe du pollueur/payeur, résume Marie Doutrepont, l'avocate d'Hugues Falys : « Concrètement, on demande à TotalEnergies d'arrêter tout nouveau puits de pétrole et de gaz pour toujours, partout dans le monde, et une baisse de sa production de pétrole et de gaz pour limiter le réchauffement climatique ».
    De son côté, TotalEnergies répond que l'entreprise n'a pas à porter seule la responsabilité d'un système énergétique international vieux de plus d'un siècle, ni d'une crise climatique mondiale. 
    À lire aussiFrance: TotalEnergies condamné dans un procès climatique inédit
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    En Croatie, le retour d'un service militaire de deux mois divise

    09/06/2026
    Près de 20 ans après avoir supprimé le service militaire, le gouvernement croate a réintroduit mi-mars la conscription pour toute une classe d’âge. Pour l’instant, seuls les garçons de 19 ans sont concernés par la mesure, soit 5 000 conscrits par an. Dans trois ans, ils devraient être 18 000. Pour ne pas effrayer la jeunesse, le service se limite à une durée de deux mois, payé très correctement : 1 100 euros par mois. Une prudence motivée par la faiblesse des infrastructures disponibles et par la crainte d'une mobilisation des jeunes antimilitaristes.
    Un reportage à Pozega de notre envoyée spéciale à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
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Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. 
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