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Revue de presse Afrique

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  • Revue de presse Afrique

    À la Une: les violences à Kinshasa lors de la manifestation de l’opposition

    09/16/2026
    « La rue a de nouveau cristallisé les tensions politiques en République démocratique du Congo, relève Le Journal de Kinshasa. Hier mardi, la marche convoquée à Kinshasa par la C64, la Coalition Article 64, pour dénoncer toute perspective de prolongation du mandat du président Félix Tshisekedi, s’est déroulée dans un climat de forte crispation, marqué par des affrontements, un important dispositif sécuritaire et des accusations croisées entre opposition et majorité. »
    Le site Actualité CD nous raconte le moment où tout a basculé : « Arrivé à hauteur de la 13e rue, le cortège est perturbé par des détonations entendues un peu plus loin. Plusieurs manifestants commencent à fuir. Mais ces premiers mouvements de panique ne suffisent pas à faire reculer la masse, estimée à plus de 5 000 personnes. La situation dégénère véritablement au niveau des 12e et 11e rues, relate Actualité CD. Des jeunes, présentés comme membres de la Force du progrès, structure affiliée à l’UDPS, le parti présidentiel, sortent alors sur la voie publique munis d’armes blanches. Énervés par les chants scandés par les manifestants, ils passent à l’attaque, brandissant notamment des pelles, des machettes et d’autres objets. Au même moment, des policiers font usage de gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les protagonistes et ramener le calme. La circulation est aussitôt paralysée. (…) Chacun cherche à fuir (…). La fumée envahit le boulevard. Après plusieurs minutes d’affrontements, les éléments de la Force du progrès parviennent à repousser la grande masse qui accompagnait les leaders de l’opposition, Kabund, Sesanga et Fayulu. »
    Guet-apens ?
    Jeune Afrique raconte la suite : « Arrivé dans ses bureaux avec une chemise blanche tachée de sang, semblant éprouver des difficultés pour marcher, Martin Fayulu a pointé du doigt les Forces du progrès, ce groupe de jeunes affiliés au parti présidentiel. “Félix Tshisekedi nous a tendu un guet-apens. C’était un attentat prémédité, a accusé l’opposant. La police censée nous sécuriser nous a lancé des tirs lacrymogènes, [laissant] les Forces du progrès devant avec des machettes", a-t-il poursuivi, assurant avoir eu la vie sauve grâce à un taxi moto. »
    Double raté…
    Alors, « cette journée du 15 septembre constituait un test grandeur nature pour l’opposition et la police congolaise. » C’est raté. C’est ce que souligne Afrikarabia : « pour les opposants, il fallait prouver qu’après plusieurs reports de manifestations, ils étaient encore capables de mobiliser ; et pour la police, qu’elle pouvait sécuriser le cortège dans le calme. »
    Côté autorités, relève le site, « le pouvoir avait à cœur de prouver qu’une manifestation d’opposants pouvait se dérouler sans heurt à Kinshasa. Tout avait été fait pour limiter les tensions, notamment sur le parcours qui devait se terminer devant le Palais du Peuple le jour de la rentrée parlementaire. »
    Et du côté de l’opposition : seulement un peu plus de 5 000 personnes hier dans les rues de Kinshasa : « la mobilisation n’était pas vraiment au rendez-vous, pointe Afrikarabia. Ce premier test de mobilisation pour l’opposition congolaise a clairement montré les limites de l’exercice dans un contexte où la guerre à l’Est et la prochaine convocation d’un dialogue national offrent peu de prise à des manifestations populaires. (…) L’opposition devra donc tirer les enseignements de cette faible mobilisation, conclut le site spécialisé sur la RDC, même si le débat sur le changement de la Constitution est loin d’être clos et les tensions politiques sur le possible troisième mandat de Félix Tshisekedi loin d’être éteintes. Il reste encore un peu plus de 2 ans avant l’échéance présidentielle de 2028. »
    Tshisekedi dans les pas de Kabila ?
    Enfin la presse burkinabè, toujours prompte à commenter ce qui se passe en dehors de ses frontières, tire à boulets rouges sur le président congolais : « Félix Tshisekedi entend organiser un dialogue qu’il dit inclusif (…), mais en réalité, affirme WakatSéra, il vise un monologue exclusif pour faire prospérer le leurre de la paix et donner toutes les chances à son entreprise de changement de la constitution qui lui ouvrira le boulevard de la présidence à vie, avec pour première étape décisive, le troisième mandat. »
    Le Pays renchérit : « Fatshi est en train de tomber dans les mêmes travers que son prédécesseur, Joseph Kabila : notamment les velléités de troisième mandat de l’ancien chef d’État qu’il avait farouchement combattues, et le recours à la répression contre les manifestations de l’opposition. »
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    À la Une: au Niger, la junte militaire resserre les rangs

    09/15/2026
    « Abdourahamane Tiani veut reprendre la main sur l’armée, constate Jeune Afrique. Quelques semaines après la mutinerie d’une partie des forces spéciales, les 28 et 29 août derniers, le chef de la junte a procédé à un vaste remaniement de la hiérarchie militaire. » Avec notamment la mise à l’écart du général Moussa Salaou Barmou, chef d’état-major des armées depuis août 2023.
    Le général Barmou avait longtemps dirigé le BRS, le Bataillon de renseignement et de surveillance, qui avait activement participé au coup de force fin août. « "Abdourahamane Tiani le tient sûrement pour responsable. Le BRS étant historiquement proche de lui", confie à Jeune Afrique une source nigérienne proche des milieux sécuritaires. Plusieurs membres de cette unité avaient d’ailleurs été arrêtés dans la foulée. (…) Pour succéder à Barmou, Tiani a choisi le général de brigade Mamane Sani Kiaou, jusqu’ici chef d’état-major de l’armée de terre et réputé proche du chef de la junte. (…) Et sa nomination a entraîné à son tour un jeu de chaises musicales au sommet de l’armée. »
    Mieux contrôler la chaîne de commandement
    Commentaire de Jeune Afrique : « Ce remaniement constitue le premier grand bouleversement de la chaîne de commandement militaire depuis la prise de pouvoir par Abdourahamane Tiani. Il est également l’illustration de tensions au sein de la junte, avec le limogeage de Barmou. En l’absence de prise de parole publique du chef de la junte sur les événements des 28 et 29 août, ce remaniement offre donc un premier aperçu de sa réponse, pointe encore le site panafricain : resserrer le dispositif autour d’officiers jugés fiables, tout en reprenant le contrôle d’une chaîne de commandement dont la loyauté a été, pour la première fois, publiquement mise à l’épreuve. »
    Analyse similaire pour le site Sahel Horizon : « En confiant le commandement suprême au général Mahaman Sani Kiaou, patron de l’armée de terre, le régime de Tiani opère une reprise en main classique par les forces conventionnelles. Plus qu’un simple changement d’homme, ce remaniement vise à resserrer les rangs, rétablir une verticalité stricte de l’autorité et garantir une fidélité sans faille au sommet de l’État. »
    Alger et Bamako : « main dans la main »
    À la Une également, le rapprochement entre le Mali et l’Algérie. « Trois semaines après la visite du chef du gouvernement malien à Alger, c’est au tour du Premier ministre algérien de fouler le sol malien, relève Maliweb. Sifi Ghrieb est arrivé hier à Bamako, à la tête d’une importante délégation. »
    Une visite à la « tournure résolument économique, pointe Sahel Tribune. Au-delà des discours sur la fraternité entre les deux pays, les délégations malienne et algérienne ont examiné plusieurs secteurs d’investissement, des ressources minières à l’agro-industrie, en passant par les exportations, l’énergie, les infrastructures et l’enseignement supérieur. »
    Avec en point d’orgue la relance du projet de route transsaharienne : « ce corridor routier de près de 4 800 kilomètres reliant Alger à Lagos via Bamako, en projet depuis les années 1970, est aujourd’hui achevé à près de 90 % côté algérien, mais constate Sahel Tribune, bute sur le tronçon reliant Gao à Tamanrasset, en territoire malien. (…) L’Algérie a tout intérêt à voir le Mali combler sa part du tracé pour transformer cet axe en véritable corridor économique reliant la Méditerranée à l’Afrique de l’Ouest. Pour Bamako, en quête de partenaires susceptibles de financer ses immenses besoins d’infrastructures et d’électricité, l’exercice a valeur de vitrine. »
    « Algérie-Mali, ça se réchauffe à grands pas », constate Aujourd’hui à Ouagadougou. Ce sont « 1 300 km de frontières, une lutte contre l’insécurité terroriste qui nécessite que les deux pays mutualisent forces et renseignements et même économiquement : tout a tendance à ce que le Mali et l’Algérie travaillent la main dans la main ».
    « Alger-Bamako : main dans la main », renchérit El Moudjahid en Algérie. « Finie la brouille ! », insiste Le Matin d’Algérie. « Oublié le retrait de la reconnaissance de la République démocratique du Sahara occidental par le Mali et oubliées les foucades d’Assimi Goïta contre les accords d’Alger. Tout va bien. »
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    À la Une: la campagne agricole au Sénégal

    09/14/2026
    « Des paysans dans l’expectative », titre Walf Quotidien à Dakar. En effet, la campagne agricole a démarré avec son lot d’espoir et d’incertitudes. Comment s’annoncent les récoltes ? La situation est variable selon les régions.
    « Les champs d’arachides et de mil se succèdent aux abords de la route, entre Mbour et Keur Ayib, à la frontière entre le Sénégal et la Gambie, relève Walf Quotidien. Plus on descend vers le sud du Sénégal, entre Sédhiou, Kolda et Ziguinchor, cultures de maïs et périmètres de rizières s’alternent, verdoiement à perte de vue. L’angoisse de début de campagne agricole laisse désormais place à l’espoir de faire de bonnes récoltes. (…) Dans certaines localités comme Louga ou Ziguinchor, des produits agricoles fraîchement récoltés sont déjà présents dans le marché. »
    Inquiétude en revanche dans la région de Matam, dans l’ouest du pays. « La rareté des pluies fait que bon nombre de paysans craignent pour les récoltes, constate Walf. Car cette année, dans plusieurs localités, le déficit pluviométrique est énorme. (…) Les cultures ont grandi certes, mais avec la rareté des pluies, elles commencent à sécher et à jaunir. (…) Wodobéré, village situé à près de 15 kilomètres de la commune de Matam, fait figure d’exception, pointe le quotidien dakarois. Là, les cultures maraîchères se portent à merveille. Il faut dire que dans cette zone, la proximité avec le fleuve Sénégal est un avantage de taille ; avec le système de pompage, l’agriculture irriguée permet aux paysans d’avoir de bons rendements. » 
    La pluie : bénédiction pour les uns, catastrophe pour d’autres…
    Alors bonne nouvelle pour les agriculteurs, des pluies sont en cours, constate Senego, « dans l’est et le sud-est du Sénégal, avec des phénomènes déjà observés par endroits à Kédougou, Tambacounda, Kolda, dans le sud de Matam et l’est de Kaffrine. »
    Des trombes d’eau ces derniers jours dans la région de Saint-Louis… Mais là, avec des conséquences parfois catastrophiques pour les populations. « À Saint-Louis, les premières pluies réveillent la menace des inondations », s’exclame le site Seneplus. « Des maisons ont été envahies par les eaux dans plusieurs quartiers. Les familles les plus modestes redoutent désormais de nouvelles précipitations et, pour certaines, envisagent de quitter provisoirement leur logement.
    La pluie a également fortement perturbé la circulation. Plusieurs routes et voies d’accès sont devenues impraticables, obligeant les habitants à multiplier les détours. »
    Dakar, capitale de la mode africaine !
    Toujours à propos du Sénégal, à lire ce reportage dans Le Monde Afrique sur « l’art de la sape à Dakar » : « Deux choses ne manquent pas à Dakar, relate le journal : les élégants et les tailleurs. Le vendredi, les rues ont des allures de défilés. Les femmes sont nombreuses à porter le grand boubou ample avec son moussor, savant foulard de tête. Les hommes optent souvent pour un deux-pièces simple mais coloré, le "demi-saison". Les jeunes filles sont en "taille basse", ensemble fuselé avec sa jupe évasée. "Dakar est-elle la ville la plus stylée du monde ?", se demandait, en 2018, le magazine de mode états-unien GQ. »
    Il faut dire, constate Le Monde Afrique, que « ces dernières années, la créativité explose. Dans la boutique de marques de haute couture sénégalaises de Kadiata Diallo, styliste à la tête de la marque Niuku, on trouve des pièces en toile de jute de sacs de marchandises recyclés, du streetwear, du denim oversize et des maillots de football. À l’international, de jeunes créateurs se font remarquer, à l’instar de Cheikh Kébé, dont Maison Kébé signe des lignes connues pour leur raffinement. »
    Le Monde Afrique constate encore que « le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le puissant président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, qui se revendiquent du souverainisme et du panafricanisme, sont les premiers à s’afficher en "tradimoderne". Ce style populaire dans toutes les classes sociales adapte les tenues sénégalaises à un mode de vie urbain et permet de s’affranchir du vestiaire occidental. Les designers de tradimoderne sont considérés, ici, comme des stars. Avec plus de 60 000 ateliers de couture formels et informels à travers le territoire, relève encore le journal, le textile est l’une des principales industries du pays. "Dakar n’est plus juste un espace d’élégance traditionnelle ; c’est un hub pour la mode africaine, souligne la styliste Kadiata Diallo. Le savoir-faire des tailleurs attire des designers du reste du continent" ».
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    À la Une: le torchon brûle entre Alger et Abu Dhabi

    09/11/2026
    Une rupture « historique » pour El Watan, et « inévitable » pour le Jeune Indépendant qui clame que l'Algérie « remet les pendules à l'heure » dans ses relations avec le pays du Golfe. Hier, le ministère algérien des Affaires étrangères a annoncé dans un communiqué la fin des liens diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Dans la foulée de cette annonce, l’ambassadeur des Émirats a été reçu au siège du ministère où la décision lui a été formellement notifiée. Un délai de 48 heures lui a été accordé pour s’y conformer et quitter le pays.
    Cette annonce, de la part d'Alger, « est tombée avec la solennité des grands tournants géopolitiques », observe le Jeune Indépendant, qui estime par ailleurs que « le gouvernement algérien a pris la décision radicale de rompre le fil diplomatique qui le liait à Abu Dhabi [...] après avoir longtemps privilégié la voie du dialogue, de la retenue et de la modération ».
    « Si l’annonce a le caractère abrupt d’une décision d’État, elle s’inscrit dans un processus de détérioration engagé depuis plusieurs années plutôt que dans un incident isolé », relève le Matin d'Algérie. 
    Cette rupture intervient en effet après des années de tensions latentes entre les deux pays « alimentée par les accusations algériennes visant les ingérences des Émirats dans plusieurs pays arabes et africains », rapporte El Watan, qu'il s'agisse du Mali, de la Libye ou du Soudan, mais aussi du Maroc, avec qui Alger a rompu ses liens diplomatiques en 2021. 
    Car le rapprochement des Émirats avec Rabat « alimente depuis longtemps la méfiance algérienne, dans un contexte où le dossier du Sahara occidental demeure l’un des axes structurants de la politique étrangère du pays », analyse le Matin d'Algérie, un rapprochement qui serait « perçu comme visant à affaiblir l’influence algérienne en Afrique du Nord et au Sahel ». Abu Dhabi a depuis répondu à cette annonce de rupture, sur le réseau social X, en disant espérer qu'elle soit temporaire, et rappelle son attachement aux liens qui unissent les deux peuples. 
    Une première dans l'histoire sportive du continent africain
    Une première historique et olympique : la flamme des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) a été allumée à Athènes, berceau antique des Jeux, et elle est ensuite arrivée au Sénégal, pour une tournée de plusieurs semaines dans le pays. Cette flamme, c'est celle des JOJ de Dakar 2026, le premier événement sportif olympique à se dérouler sur le sol africain. 
    À cette occasion, le président Bassirou Diomaye Faye a par ailleurs annoncé que la Fondation nationale Sénégal solidaire, à l’initiative de la Première dame, consacrerait 500 millions de francs CFA aux Jeux, notamment pour permettre à des enfants et des jeunes d’assister aux compétitions. 
    « Mais en politique, les symboles comptent autant que les intentions, nuance le Quotidien, et celui qui se dessine aujourd’hui est pour le moins troublant : acheter des billets pour un événement olympique, au moment même où des milliers de Sénégalais manifestent contre la vie chère ! », s'étonne le journal. « Pour une famille qui peine à payer son loyer, son électricité ou son panier alimentaire, 500 millions de francs CFA [...] représentent plutôt des milliers de repas, des centaines, voire des milliers de bourses ou d’aides sociales. Dakar 2026 peut être une fierté nationale. Mais une fierté nationale ne doit pas devenir une dépense que l’on demande aux citoyens de justifier alors qu’ils peinent déjà à supporter le coût de la vie », alerte le média. 
    Et faire de ces jeux une fierté nationale, c'est bien l'objectif du Sénégal, qui a sorti les grands moyens pour être à la hauteur en termes d'infrastructures d'accueil et de transports. car pour le média en ligne Afrik.com, l'enjeu des JOJ est double pour Dakar : « Il s’agit d’organiser une fête sportive exemplaire, mais aussi de préserver l’image d’un pays d’accueil, capable de conjuguer souveraineté, hospitalité et respect des engagements olympiques ».
    « En octobre, le Sénégal ne jouera pas seulement son image de grande nation sportive africaine, ajoute le média, il portera aussi une part du rêve olympique du continent. Si l’organisation tient ses promesses, Dakar 2026 pourrait rester comme le moment où l’Afrique a cessé d’attendre les Jeux pour commencer à les accueillir. »
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    À la Une: Maurice Kamto, le principal opposant camerounais, rend son tablier

    09/10/2026
    Maurice Kamto a démissionné avant-hier de son poste de président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), formation qu’il dirigeait depuis 13 ans. Démission également du vice-président Mamadou Mota.
    « Cette démission de Maurice Kamto, explique Jeune Afrique, intervient alors que le MRC est englué dans plusieurs procédures judiciaires et que sa participation aux prochaines élections locales est remise en question, en raison d’un potentiel conflit avec le ministère de l’Administration territoriale. Et la formation se déchire dans des querelles autour de la légitimité de son leadership depuis des semaines. »
    Les prochaines élections législatives et municipales au Cameroun doivent avoir lieu l’année prochaine. Et Maurice Kamto, pointe Jeune Afrique, est « déterminé à ce que le MRC se présente à ces scrutins, après le boycott opéré lors des précédentes élections en 2020. L’opposant en exil Issa Tchiroma Bakary a annoncé que ni lui ni son parti, le Front pour le salut national du Cameroun, ne prendront part à ces élections, ce qui place le MRC dans le fauteuil de principal adversaire du RDPC, au pouvoir. Maurice Kamto n’a sans doute pas souhaité hypothéquer ce duel à venir, lequel pourrait le replacer comme principal adversaire du président Paul Biya ».
    À lire aussiCameroun : l'opposant Maurice Kamto démissionne de la présidence du MRC, Mamadou Mota quitte la vice-présidence
    Le MRC en ordre de bataille pour 2027 ?
    Alors, ce départ est-il destiné à donner un nouvel élan à son parti ? Sans doute, estime WakatSéra au Burkina : « La pression de l’administration étant devenue trop forte contre sa personne, Maurice Kamto n’avait d’autre option pour donner une chance de survie à sa formation politique que de rendre le tablier. Et c’est pour ne pas saborder les chances du MRC, qui entend se mettre en ordre de bataille pour les prochaines élections de 2027, que le président et le premier vice-président ont quitté leurs postes. Une stratégie qui pourrait bien être payante si une nouvelle convention est tenue bientôt, comme le prévoit le parti. »
    Reste, tempère WakatSéra, que « l’avenir ne s’annonce pas des plus roses pour le MRC tout comme pour les autres partis d’opposition, le Cameroun de Paul Biya étant une terre plus ou moins hostile à quiconque refusant de marcher dans la direction du vent. Comme dans bien des pays sur le continent, l’opposition n’y est tolérée que lorsqu’elle ne… s’oppose pas au pouvoir. Et le MRC doit trouver la stratégie pour non seulement continuer à exister, mais chercher à conquérir le pouvoir d'État, conformément à ses objectifs de parti d’opposition ! ».
    En position de force…
    Pour le journaliste et analyste Albin Djilo, cité par le site Actu Cameroun, avec cette stratégie, « Maurice Kamto est capable de surprendre ses adversaires et de rebattre les cartes politiques. Le RDPC, le parti au pouvoir, a, semble-t-il, choisi de reproduire le scénario de 2025, affirme Albin Djilo, en misant sur l’instrumentalisation de certains membres du MRC pour, au final, tenter de suspendre la participation du parti aux élections locales. Le régime démontre ainsi, aux yeux d’une partie de l’opinion, poursuit le journaliste camerounais, qu’il considère Maurice Kamto comme son principal adversaire politique. Une situation qui pourrait finalement faire le jeu de Kamto dans un pays où le bilan du régime suffit déjà à faire du simple rejet du système un puissant moteur électoral ».
    … ou à bout de force ?
    Enfin, une autre interprétation du départ de Kamto de la présidence de son parti pourrait être tout simplement… la lassitude. C’est du moins ce qu’avance L’Observateur Paalga : « Sa vie d’opposant a été marquée par des bras de fer permanents avec le pouvoir de Yaoundé, alternant succès populaires, sévères déboires judiciaires et politiques et résidences surveillées. […] Alors, peut-on parler de lassitude ? Peut-être que oui. […] Une chose est certaine, pointe encore le site burkinabè : le départ de Maurice Kamto ouvre une nouvelle période d’incertitude pour le MRC et soulève une question essentielle : s’agit-il d’un retrait tactique destiné à sauver le parti, ou du geste d’un homme arrivé au bout de ses forces dans son interminable bras de fer avec le pouvoir de Yaoundé ? »
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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
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