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Le grand invité Afrique

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    Madagascar: «On ne voit pas actuellement comment il pourrait y avoir des élections à la fin 2027»

    10/12/2026
    À Madagascar, voilà un an que les militaires ont pris le pouvoir à la suite d'une vague de manifestations du mouvement Gen Z. Où en est aujourd'hui la transition politique ? Est-ce que les élections générales auront vraiment lieu d'ici un an, comme promis ? Et jusqu'où le nouveau régime s'est rapproché de la Russie de Vladimir Poutine ? Thierry Vircoulon, chercheur associé à l'Institut français des relations internationales (Ifri), répond aux questions de RFI.
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    Agnès Callamard: avec Navi Pillay, «le comité Nobel n'aurait pas pu choisir quelqu'un de plus important»

    10/10/2026
    Le prix Nobel de la paix a été attribué hier, vendredi 9 octobre, à la Sud-Africaine Navanethem « Navi » Pillay, juge passée par les plus grandes institutions internationales, dont le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Dans un contexte de fortes tensions autour de la justice internationale qui est de plus en plus contestée, que vient récompenser ce Nobel et quel signal envoie-t-il ? Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, était avec Navi Pillay à Nuremberg, en Allemagne, au moment de l’annonce. Elle répond aux questions de Clothilde Hazard.
    À lire aussiLe prix Nobel de la paix 2026 décerné à la Sud-Africaine Navanethem «Navi» Pillay
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    Rupture entre Sonko et Diomaye Faye au Sénégal: «Le pouvoir présidentiel ne se partage pas»

    10/09/2026
    Au Sénégal, un bras de fer oppose toujours le président Bassirou Diomaye Faye et l'ex-Premier ministre Ousmane Sonko. Arrivés au pouvoir ensemble en avril 2024, ils ont rompu le 22 mai dernier. Est-ce seulement le choc des ambitions ou y aura-t-il un gagnant à la fin ? Maurice Soudieck Dione, professeur de science politique à l’université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal, répond aux questions de RFI. 
    RFI : Au mois de mai dernier, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko se sont accusés mutuellement d'être responsables de la rupture. Quel est le plus responsable des deux aux yeux de l'opinion sénégalaise ?
    Maurice Soudieck Dione : Je crois que les avis peuvent être partagés. Pour certains, c'est Ousmane Sonko qui est victime de trahison parce qu’il a participé à l'élection du président Bassirou Diomaye Faye. Il a soutenu sa candidature et appelé à voter pour lui. Alors que pour d'autres, le pouvoir présidentiel ne se partage pas, ce n'est pas un canapé, c'est un fauteuil, et que notre charte fondamentale donne l'essentiel des pouvoirs au président de la République. Donc celui-là ne peut pas avoir de chef. Autre chose également, c'est que face à la réalité de la crise économique et face à la réalité politique de l'impossible bicéphalisme, le président a été obligé de prendre cette décision, c'est-à-dire acter la rupture. 
    Alors au début de cette année, les deux hommes s'opposaient notamment sur la façon de résorber la dette colossale du Sénégal. Car Ousmane Sonko ne voulait pas entendre parler d'un accord de financement avec le FMI. Maintenant que Bassirou Diomaye Faye a signé un tel accord, est-ce que les Sénégalais ne vont pas subir un gel des dépenses sociales, ce qui va coûter des voix au président ?
    C'est vrai que cela pourrait profiter à Ousmane Sonko, dans la mesure où certains estiment que, lorsqu'il était aux affaires, le coût des denrées avait été maîtrisé et le coût du carburant et de l'électricité également. Mais cela ne résiste pas à une analyse plus profonde, parce qu'en réalité, c'est la dégradation de la situation économique qui exige que l'on puisse aboutir à ces mesures-là.
    Depuis quelques semaines, les coupures d'électricité se multiplient à Dakar. Alors à qui les Sénégalais vont-ils reprocher la mauvaise gestion de la société Senelec ? Plutôt à Bassirou Diomaye Faye ou plutôt à Ousmane Sonko ?
    Je pense que c'est une situation qui résulte de responsabilités partagées, parce que le Premier ministre Ousmane Sonko a eu à gérer la Primature pendant deux ans. Donc il ne peut pas être totalement absous par rapport au bilan pendant de ces deux ans là. Et on est dans la continuité un peu de ce qui a été fait jusque-là.
    Alors, depuis la rupture entre les deux hommes, les partisans de Bassirou Diomaye Faye ont créé un nouveau parti, Kiiraay. Mais le Pastef d’Ousmane Sonko s'efforce de garder intacte sa force militante. De quel côté est la plus forte dynamique à l'heure actuelle ?
    Il est difficile d'apporter une réponse précise parce qu'en réalité, les partisans d'Ousmane Sonko sont en train de se remobiliser à travers la vente des cartes du Pastef, mais également le président Bassirou Diomaye Faye, à travers Kiiraay, est en train de ratisser large pour capter beaucoup de forces politiques et sociales, et son parti semble de plus en plus attractif. Mais quoi qu'il en soit, ce sont les élections qui vont permettre de saisir ce que pèse chacun d'entre eux.
    Et est-ce que le nouveau parti Kiiraay arrive à débaucher des militants au sein du Pastef ou pas ?
    Kiiraay a eu à prendre beaucoup de responsables et de militants du Pastef. Mais il reste aussi que Pastef a beaucoup résisté face à cette vague de départs. Mais surtout, le Kiiraay est en train de s'ouvrir à d'autres forces politiques, notamment les maires et les présidents de conseil départemental, qui jusque-là étaient de la coalition de l’ancien président Macky Sall, c'est-à-dire la coalition Benno Bokk Yakaar. 
    Et bien sûr, tout le monde pense déjà à la présidentielle de 2029. Le 19 septembre dernier, lors de la pose d'une première pierre en Casamance, Ousmane Sonko s'est retrouvé aux côtés de la star Sadio Mané et lui a lancé, sur le ton de l'humour « Le football, c'est toi, mais la politique, c'est moi ». Est-ce à dire que Ousmane Sonko annonce déjà sa candidature pour 2029 ?
    Oui, c'est très clair. D'ailleurs, ses partisans estiment qu'il est déjà candidat. Il est positionné pour cette échéance électorale. Et cela montre aussi que ses divergences avec le président de la République sont basées sur cette contradiction de leurs ambitions politiques.
    Car Bassirou Diomaye Faye, d'après l'opinion sénégalaise, sera aussi candidat en 2029 ?
    Tout porte à le croire, parce que ses partisans estiment que ce qu'il a entamé avec le premier mandat, il doit le poursuivre avec un second mandat.
    Et pour conclure, qu'est-ce qui oppose véritablement les deux anciens camarades du Pastef, sinon leurs ambitions personnelles respectives ?
    Il faut aussi dire qu'il y a des conceptions différentes de la souveraineté et nous avons avec le président Diomaye Faye une souveraineté qui s'adapte aux réalités, alors que, avec l'ex Premier ministre Ousmane Sonko, il faut que l'idéologie puisse transformer la réalité avec cette perspective absolutiste de la souveraineté. Et aujourd'hui, le président Diomaye Faye semble s'inscrire dans une perspective de relativiser cette forme de souveraineté pour construire des partenariats gagnant-gagnant sans discrimination.
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    Finale de la CAN 2025: «Si vous avez accepté de jouer, vous devrez accepter le résultat qui en découle»

    10/08/2026
    Maroc ou Sénégal, qui va être déclaré vainqueur de la dernière Coupe d'Afrique des nations de football qui s'est jouée en janvier dernier ? C'est tout l'enjeu de la réunion à huis clos du Tribunal arbitral du sport (TAS), ce jeudi 8 octobre à Lausanne, en Suisse. Aucune décision ne sera rendue dès aujourd'hui, mais les deux pays vont plaider devant le tribunal. Joseph-Antoine Bell a été un grand international camerounais. Il est aujourd'hui consultant pour RFI et expert auprès de la Confédération africaine de football (CAF).
    RFI: Joseph-Antoine Bell, au vu de la passion qui entoure cette affaire, est-ce que le tribunal arbitral du sport est en mesure de rendre une décision impartiale ?
    Joseph-Antoine Bell: Elle devrait l’être. En théorie, le Tribunal arbitral du sport a été créé pour éviter que les affaires du sport n’aillent dans les tribunaux ordinaires. Et donc, le tribunal est censé rendre la justice eu égard aux textes que chacun devrait connaître, même si on ne les connaît pas toujours.
    Le 18 janvier, le Sénégal a battu le Maroc (1-0 a.p) en finale de la CAN 2027. Deux mois plus tard, le 17 mars, le jury d’appel de la CAF, la Confédération africaine de football, a inversé le résultat et a donc déclaré que le Maroc avait battu le Sénégal par forfait (3-0). Comment expliquez-vous ce coup de théâtre ?
    Ce qui s’est passé, c’est que le Maroc a porté plainte, a porté l’affaire devant les instances que tous les gens du foot, joueurs ou encadreurs et administrateurs, connaissent. Tout le monde sait qu’on a la possibilité d’écrire pour réclamer quelque chose quand on croit qu’on a été victime d’une injustice eu égard au règlement.
    Donc cette affaire est particulière parce qu’il s’agit de la finale, mais des résultats de foot qui ont été inversés dans un bureau, ça existe, et ça existe dans les fédérations elles-mêmes, dont aucune ne pourrait dire que ce qui arrive n’arrive pas dans son propre championnat.
    Le principal argument des Marocains, c’est de dire que comme la plupart des joueurs sénégalais ont quitté le terrain pendant une douzaine de minutes, cela vaut abandon et leur équipe doit donc être considérée comme perdante et éliminée de la compétition. Qu’en pensez-vous ?
    À mon avis, on a un problème de morale en général : l’esprit chevaleresque du sport et du foot, puis on a la légalité. Maintenant, au vu de la réglementation, oui, les dirigeants marocains ont forcément raison d’aller de porter une réserve.
    Mais au regard de l’esprit du jeu, si vous avez accepté de jouer, vous devriez accepter le résultat qui en découle.
    Le principal argument des Sénégalais, c’est de dire que, l’arbitre congolais du match n’a jamais constaté un abandon ni un arrêt définitif du match et qu’au contraire il a autorisé la reprise du jeu, ce que les Marocains ont accepté. Est-ce que cet argument vous paraît valable ou pas ?
    Christophe, je suis embêté parce qu’on ne porte réserve que sur des erreurs commises par l’arbitre. Et donc, si vous entérinez ce que l’arbitre a fait, ça veut dire que vous ne porterez jamais de réserves.
    C’est précisément parce que l’arbitre est autorisé à se tromper, mais à être corrigé par les instances, que les Marocains ont raison d’aller écrire par la suite. Sur le coup, l’arbitre a commis une faute, mais il faudrait expliquer à tout le monde que, dans l’esprit, il n’était possible à aucun homme – je dis bien à aucun homme – d’arrêter le match à ce moment-là, parce que tous ceux qui sont dans le stade veulent voir le dénouement du match et tous ceux qui sont chez eux devant la télé veulent voir la fin du match.
    À lire aussiLe TAS va-t-il enfin désigner le vainqueur de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal ?
    Donc il n’est pas possible qu’humainement l’arbitre prenne sur lui pour dire que, comme vous êtes sortis et que je vous ai attendus, on arrête et puis vous avez perdu le match. Dire ça au public aurait causé encore plus de dégâts qu’il y en a eu ce jour-là. On a un exemple, c’est le Heysel (NDLR : drame survenu le 29 mai 1985 au stade du Heysel de Bruxelles (Belgique), où une bagarre généralisée et un mouvement de foule avaient entrainé la mort de 39 personnes) il y a très longtemps.
    Donc l’arbitre a autorisé le match à reprendre. Aujourd’hui, il n’est pas possible de nier que le Sénégal est sorti du terrain, et on peut reprocher aux dirigeants marocains, aux administratifs marocains, de vouloir gagner un trophée sur tapis vert.
    Le 19 janvier, au lendemain de la finale, le président de la Fifa a dit par communiqué qu’il condamnait fermement le comportement de quelques joueurs sénégalais et des membres de leur staff technique, et qu’il invitait les instances disciplinaires de la CAF à prendre les mesures appropriées. Est-ce que, par ce communiqué, Gianni Infantino n’est pas sorti de sa neutralité et n’a pas fait pression sur la CAF pour qu’elle inverse le résultat du match ?
    Je ne suis pas sûr qu’il pensait forcément au résultat du match. Et puis évidemment, je connais la rengaine : on est Africain, puis après on est subsaharien, puis après on est noir.
    Non, ce qui s’est passé ce jour-là n’était pas à la hauteur, non pas par la faute de l’arbitre, mais par la faute d’un entraîneur (NDLR : Pape Thiaw) qui a été impulsif. Pour ceux qui ont écouté RFI, je le disais en direct, ce n’était absolument pas l’attitude à avoir. On ne peut pas, quand on est encadreur, ne pas savoir que sortir du terrain vous fait perdre le match et qu’il ne faut pas le faire.
    Et ce jour-là, après le match, je suis content de savoir que l’entraîneur sénégalais, une fois la finale terminée, la première des choses qu’il a faite en conférence de presse, c’est de présenter ses excuses.
    Joseph-Antoine Bell, merci.
    Merci.
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    Mali: à Kidal, «l'armée a récupéré un territoire, elle n'a pas battu son adversaire»

    10/07/2026
    Au Mali, la junte du général Goïta a réussi hier mardi à reprendre la ville de Kidal, qu'elle avait perdue il y a six mois au bénéfice des rebelles touaregs du FLA, le Front de libération de l'Azawad. Les Forces armées maliennes et leurs alliés russes sont entrés sans combat, hier midi, dans la grande ville de l'extrême-nord du pays. Est-ce pour autant la fin de la guerre ? Bakary Sambe est le directeur du Timbuktu Institute. Il est aussi enseignant chercheur à l'Université Gaston Berger de Saint Louis du Sénégal. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.
    RFI : Bakary Sambe, est-ce que vous êtes surpris par la reprise de Kidal par les Forces armées maliennes et leurs alliés russes ?    
    Bakary Sambe : Oui, l'annonce d'un convoi de l'armée malienne parti d'Anéfis qui entre à Kidal, sans un coup de feu. Et en face, on nous présente les FLA qui tenaient la ville depuis fin avril avec les djihadistes du JNIM et qui ont plié bagages, en parlant de repli stratégique, cela a été une surprise, notamment si l'on sait, ces derniers temps, les revers qu'avait subis l'armée malienne, notamment la terrible attaque de Dioura. Donc c'est une reprise sans combats, ni populations, d'après les informations que nous avons, mais une reprise qui signale un rapport de forces aérien favorable à l'armée plus qu'une défaite militaire du FLA pour le moment.
    Voulez-vous dire que c'est la supériorité aérienne des Forces armées maliennes et de leurs alliés russes qui a joué le plus ?
    Absolument. Oui, on peut se dire que c'est une victoire de l'armée malienne, en tout cas annoncée. Mais attention à ne pas confondre reprendre une ville et gagner une guerre. L’armée a récupéré un territoire, elle n'a pas battu son adversaire. Le FLA s'est retiré avant le choc en affirmant avoir gardé ses hommes et son matériel. C'est la vieille règle des insurrections, il ne faut pas l'oublier. Face aux drones et aux avions, on ne reste pas pour se faire écraser. On se fond dans le désert et on revient plus tard. Ce sont d'ailleurs des frappes aériennes qui ont rendu la ville intenable. Et puis il y a le grand absent du communiqué du FLA, le Jnim. Or, c'est celui-ci aujourd'hui qui est la menace numéro un. Et Dioura l'a rappelé de façon très brutale il y a quelques semaines. Donc le contrôle territorial est rétabli d'après le communiqué, mais l'adversaire semble rester intact. L'équilibre militaire n'est pas fondamentalement modifié. D'après les informations dont nous disposons actuellement.
    À lire aussiAu Mali, la reprise de Kidal «consolide» la Transition
    Il y a six mois, quand les rebelles Touaregs du FLA se sont emparés de Kidal, l'Algérie était brouillée avec le pouvoir central de Bamako. Mais depuis quelques semaines, Alger s'est rapprochée de la junte malienne. Est-ce que cela a pu compter dans le succès rencontré hier par les Forces armées maliennes et leurs alliés russes ?
    Si on prend en compte le contexte, c'est que la brouille entre Bamako et Alger remontait à avril 2025, quand l'Algérie avait abattu un drone militaires malien près de la frontière. Et la dégradation avait commencé dès 2024 avec le retrait du Mali de l'accord de paix de 2015. Puis il y a eu l'événement du 10 juillet 2026, où le Mali avait annoncé le retour de son ambassadeur à Alger et la réouverture de son espace aérien aux vols liés à l'Algérie, avec des mesures réciproques côté algérien. Maintenant, quel rapport avec cette reprise annoncée de Kidal ? Aucune source ne prouve un lien direct à l'instant. Mais la géographie parle d'elle-même. Kidal est collée à la frontière algérienne et l'Algérie a longtemps été un espace de repli, de contact et de médiation pour les mouvements de l'Azawad. D'ailleurs, dès juillet, certains observateurs estimaient que les rebelles de l'Azawad pourraient perdre du terrain avec cet alignement. Donc moins d'arrières cours pour ces forces-là, moins de marge de manœuvre. Et Alger qui redoute l'instabilité à sa porte pourrait bel et bien revenir dans le jeu comme médiateur. Ce qui veut dire que la normalisation avec Alger réduit potentiellement la profondeur stratégique des rebelles et fait de l'Algérie un acteur clé de toute sortie de crise aujourd'hui au Mali.
    Et est-ce qu'on peut dire clairement que les Algériens ont aidé les rebelles à prendre Kidal il y a six mois et qu'ils ont changé de camp cette semaine, au vu du rapprochement entre les présidents Abdelmadjid Tebboune et Assimi Goïta ?
    Sans pouvoir le dire ainsi, la réconciliation, en tout cas, le retour à la normalité dans les relations entre Alger et Bamako, ce retour-là a fait que les rebelles du FLA, mais aussi les groupes extrémistes tels que Jnim, ont pu perdre en profondeur stratégique. Et aujourd'hui, cela se voit dans ce qui est annoncé, comme une reprise de la ville stratégique de Kidal.
    Sur le plan politique, Bakary Sambe, est ce que ce succès militaire peut inciter la junte du général Assimi Goïta à durcir un peu plus sa politique répressive, ou au contraire à ouvrir le jeu ?
    Vous savez, Kidal, ce n'est pas une ville comme les autres. C'est le berceau de la rébellion touareg de 1963 à 2012, quand les autorités militaires l'avaient reprise en novembre 2023. Elles en avaient fait leur trophée. La preuve que l'Etat était de retour partout. La perte de Kidal en avril, c'était donc bien plus qu'un revers militaire, c'était un démenti public de tout son récit. La reprendre aujourd'hui, cette ville de Kidal, c'est donc effacer l'affront, regonfler le moral d'une armée meurtrie et justifier au passage le choix du partenaire russe. Mais un symbole, ça se défend. Si Kidal devait retomber, la chute serait encore plus dure. Donc Kidal fonctionne comme un baromètre de légitimité, c'est-à-dire que sa possession conforte le récit souverainiste des autorités actuelles et sa perte le contredirait durablement.
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Du lundi au samedi, Christophe Boisbouvier reçoit un acteur de l'actualité africaine, chef d'État ou rebelle, footballeur ou avocate... Le grand invité Afrique, c'est parfois polémique, mais ce n'est jamais langue de bois.
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