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Le grand invité Afrique

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    Tournée africaine du pape Léon XIV: «Le dialogue inter religieux est capital dans la mission chrétienne»

    04/13/2026
    Ce lundi 13 avril le pape débute une tournée en Afrique. Léon XIV se rend d’abord en Algérie, puis au Cameroun, en Angola et enfin en Guinée Équatoriale. Onze jours de visite, 18 000 kilomètres et 7 messes… Il s'agit de sa première grande tournée internationale, après son voyage en Turquie et au Liban fin 2025, sur un continent où vivent aujourd’hui plus de 20% des fidèles catholiques du monde. Une priorité pour le Vatican selon Pierre Diarra, docteur en théologie, histoire des religions et anthropologie religieuse.
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    Guillaume Bisimwa, fondateur du festival Amani en RDC: «Faire de la musique un acte de résistance»

    04/11/2026
    «Faire de la musique un acte de résistance», c’est l’ambition des organisateurs du festival Amani. Organisé à Goma en 2024, l’évènement culturel majeur de la sous-région allait vers une annulation à la suite des combats dans la zone. Mais après dix ans de lutte pour faire vivre cet évènement, après une première délocalisation en 2023, le festival Amani - la paix en swahili - a bien lieu. Et il se tient ce week-end (10-12 avril) à Lubumbashi. Guillaume Bisimwa, le fondateur d’Amani est notre invité Afrique ce samedi.
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    Dr Tidiane Ouattara (Agence spatiale africaine): «L'Afrique est le prochain eldorado des affaires spatiales»

    04/10/2026
    Bientôt le retour sur Terre pour l’équipage d’Artémis 2, après leur mission autour de la Lune. Les quatre astronautes - Etatsuniens et Canadien - doivent amerrir ce vendredi 10 avril au soir, au large de la Californie après un vol historique et des photos inédites. Une mission suivie de près par Tidiane Ouattara, président du conseil de l’Agence spatiale africaine, organe de l’UA. Le continent ambitionne de monter en puissance dans les programmes spatiaux. Pas pour marcher sur la Lune, mais pour des applications très concrètes de communication, de sécurité ou de prévisions météo. Depuis Le Caire où siège l’agence, Tidiane Ouattara est l’invité de RFI.
    RFI : Docteur Tidiane Ouattara, vous avez suivi la mission Artemis 2, qu’est-ce qui vous a marqué ?
    Docteur Tidiane Ouattara : Sincèrement, je suis très ému. C'est un signe d'espoir. Artemis 2 annonce un signal clair : on veut résider sur la Lune et il y a beaucoup de développements techniques et scientifiques qui en découleraient. Donc, pour nous qui sommes passionnés de l'espace, nous sommes en joie. Mais au-delà de cela, nous sommes heureux de voir que de nouvelles découvertes scientifiques et technologiques nous permettraient, nous Africains, de sauter des pas ou de faire des pas de géant dans le développement socio-économique en termes d'infrastructures numériques.
    Aujourd'hui, une vingtaine de pays africains disposent de programmes spatiaux. Il y a les pionniers, l'Égypte, l'Afrique du Sud, le Nigéria, le Maroc ou l'Algérie. C'est un secteur qui progresse sur le continent ?
    Oui, tout à fait. Vous avez cité des pionniers. Il y a aussi les nouveaux pays qui sont le Rwanda, l'Éthiopie, le Gabon, le Sénégal, j'en passe. Il y a des nouveaux joueurs, mais la quasi-totalité des pays africains sont de gros consommateurs des produits spatiaux. Donc notre rôle au niveau politique sera de coordonner les programmes spatiaux de telle sorte que ceux qui n'ont pas de programme puissent en bénéficier. L'Afrique est le prochain eldorado des affaires spatiales.
    Quelles sont les applications concrètes de ces programmes spatiaux pour le quotidien ?
    Parfois, quand on est en face des autorités, on nous pose la question : « Nous avons des problèmes d'eau, et vous me parlez d'espace. » Je peux vous dire que l'espace permet de résoudre deux ou trois problématiques en ce qui concerne l'eau. Par exemple, lorsque nous sommes en train de chercher les meilleurs endroits pour creuser des puits, pour quelque chose qui doit prendre cinq ans, avec l’espace on identifie en six mois, un an, les zones potentielles. Deuxièmement, l'espace nous permet de regarder et d'analyser la qualité de l'eau. Troisièmement, l'espace nous permet la gestion de l'eau pour l'irrigation. En termes de sécurité et défense, grâce à l'espace, nous pouvons voir le mouvement des engins, des personnes et des événements. Et quand je parle d'événements, je parle d'inondations, je parle de l'évolution des volcans, et cetera. Donc, l'espace nous permet en un clin d'œil d'avoir de l'information, parce que c'est ce qui est important pour le décideur.
    Mais le spatial, ce sont aussi de gros investissements de long terme. Pour certains gouvernements, face à des besoins sociaux qui sont immédiats, est-ce que ce n'est pas un luxe ?
    Ah non, l'espace n'est plus un luxe. La première raison, c'est que l'espace qui coûtait des centaines de millions de dollars et qui était mené par des gouvernements des pays les plus riches et qui prenait 5 à 10 ans, ce budget est carrément réduit. Vous avez toutes sortes de satellites aujourd'hui, vous avez des CubeSats, vous avez des nanosatellites. Il est important aujourd'hui de dire que ce sont des investissements qui valent la peine. Il y a deux ou trois ans, en Afrique de l'Ouest, par exemple, il y avait des câbles sous-marins qui étaient sectionnés pendant plusieurs jours. Certains pays ont été complètement à l'arrêt. Si nous avions à ce moment un satellite, le satellite viendrait en complémentarité pour réduire ces impacts ou ces pertes. Personne ne peut aborder l'espace seul. Donc, la coopération internationale, la collaboration intra-africaine, voici des éléments à regarder pour pouvoir mutualiser les ressources, que ce soient les ressources financières, que ce soient les ressources humaines.
    Combien de satellites africains sont aujourd'hui en orbite ?
    Pour ce que nous savons, nous, parce qu'il y a aussi des satellites militaires, nous parlons d'une soixantaine parmi des milliers et des milliers de satellites dans l'espace. Ce n'est rien. Mais cependant, au fur et à mesure que les années passent, les Africains commencent à se préparer à lancer plus de satellites.
    La Chine finance des satellites pour plusieurs pays africains. La Russie avait lancé Angosat 2 pour l'Angola, on a vu des accords avec SpaceX de l'Américain Elon Musk, est-ce que l'espace africain est aussi l’espace d’influence géopolitique ?
    Absolument. L'Angola a aussi signé un contrat avec Airbus, hein ! Oui, comme dans tous les domaines. On ne peut pas échapper à la géopolitique. Cependant, ce qui est important pour nous, c’est, qu'est-ce que l'Afrique tire comme profit ? Que ce soit la Chine, que ce soit la Russie, que ce soit l'Europe, que ce soient les États-Unis, l'Afrique est ouverte à tout le monde. Maintenant, il ne faut pas s'attendre à ce que l'Afrique suive un pays par idéologie. Nous attendons que les partenaires nous proposent des choses et que nous aussi, nous puissions faire des contre-propositions dans un système gagnant-gagnant.
    Aujourd'hui, les satellites africains sont lancés depuis l'étranger. Est-ce qu'on peut imaginer, à terme, que le continent abrite une infrastructure de lancement de satellites ?
    Ah oui, voyez-vous, géographiquement nous sommes nantis. La zone équatoriale aujourd'hui est une zone propice pour le suivi de beaucoup de satellites. Nous avons des zones désertiques ou des zones marines qui peuvent facilement permettre le lancement. C'est un de nos rêves.
     ► Entretien à retrouver en intégralité sur rfi.fr
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    Présidentielle à Djibouti: le chef de l’État sortant «doit sa longévité principalement» au caractère stratégique de son territoire

    04/09/2026
    À Djibouti, le président sortant Omar Guelleh est en lice pour un 6e mandat, après la suppression par le parlement de la limite d’âge pour se présenter. Le pays organise le 10 avril la présidentielle. Face à lui, un seul concurrent : Mohamad Farah Samatar. Ce petit pays de la Corne de l’Afrique, dans une région instable, a fait de sa position stratégique un atout économique et diplomatique. Il est aussi un carrefour militaire. L’enjeu pour le pays est aujourd’hui de maintenir un équilibre délicat entre intérêts nationaux, régionaux et internationaux concurrents, souligne Sonia Le Gouriellec, maîtresse de conférences à l'Université catholique de Lille, spécialiste de la Corne de l'Afrique.
    RFI : Sonia Le Gouriellec, Ismaïl Omar Guelleh est au pouvoir depuis 1999, quel bilan faites-vous de ses 27 ans à la tête de l’État ?
    Sonia Le Gouriellec : Un bilan qu’à la fois Ismaïl Omar Guelleh et son gouvernement vont afficher, qui est une forte stabilité, c'est ce qui est vendu à l'extérieur. Mais cette stabilité implique aussi une forte surveillance sur le territoire national. Vous avez un modèle économique également qui est peu inclusif : Il n'y a pas d'industrie et c'est toute une élite qui va bénéficier de la rente qui arrive sur le territoire, mais il y a très peu d'intégration des marges sociales, une opposition quasi absente, qui pour une partie boycotte le scrutin et une grande partie surtout qui est en exil.
    En face de lui, pour cette élection, il y a Mohamed Farah Samatar, un ancien du parti au pouvoir. Comment est-ce que vous percevez cette candidature ?
    Un peu surprenante. D'une part parce que c'est une candidature d'un personnage qui n'est pas si connu que ça. Il est à la tête du Centre démocrate unifié, donc la CDU. Ce parti est quand même un parti d'opposition plutôt marginal et à la marge du système politique djiboutien. Donc, on a un peu l'impression que c'est une opposition pour la forme, pour que le président ne se présente pas seul, mais ça n'en fait pas pour autant un scrutin ouvert.
    Djibouti occupe une position géographique stratégique et contrôle avec le Yémen le détroit de Bab-el-Mandeb, qui donne accès à la mer Rouge, un point de transit important pour le commerce mondial. Est-ce que c'est sa principale ressource ?
    C'est sa principale ressource, effectivement. Le pays n'a pas beaucoup de ressources sur son sol. Par contre, c'est un cordon ombilical entre l'Éthiopie de 126 millions d'habitants et ce détroit stratégique : l'Éthiopie peut recevoir ses ressources par Djibouti et ce cordon ombilical. C’est tellement stratégique que Djibouti est entrée au cœur des routes de la soie maritime de la Chine. Et Djibouti accueille la première base militaire chinoise sur le continent depuis 2017. Donc effectivement, être sur ce détroit offre une place stratégique pour ce pays et ça permet à de nombreuses bases militaires également de venir s'installer pour pouvoir à la fois être en recul des pays du Golfe, ou à une époque être en recul de l'Afghanistan, du Pakistan d'où pouvaient fuir des terroristes, ce qui en avait fait pour les États-Unis une base importante et stratégique. Donc, Djibouti a su monnayer cet emplacement stratégique. Alors, je ne sais pas si je dois dire que Djibouti a su monnayer, le gouvernement djiboutien a su monnayer ou Ismaïl Omar Guelleh, puisque la politique étrangère est très personnalisée autour de la personnalité d’Ismaïl Omar Guelleh.
    Comment Djibouti est-il impacté dans l'actuel conflit au Moyen-Orient ?
    Alors c'est vrai qu'on en parle peu. L'Iran a dit qu'ils allaient potentiellement attaquer le Bab-el-Mandeb. Donc après avoir bloqué le détroit d'Ormuz, on voit que c'est un autre axe stratégique et à partir de là, il y a eu des attaques Houthis, mais sur Israël.
    Les Houthis qui sont alliés de l'Iran…
    Tout à fait. Alors ce que je trouve assez intéressant, c'est que très rapidement, comme il y a 30 kilomètres qui séparent le Yémen de Djibouti, il y a une base américaine, française, c'est une autoroute maritime majeure, donc je me suis dit : ils vont tenter aussi de bloquer cela. Et j'ai l'impression qu'on peut presque dire que finalement les Chinois nous protègent puisque la présence chinoise, j'imagine, dissuade un petit peu quand même les Iraniens et les Houthis de déstabiliser Djibouti.
    D'autres États du Golfe affichent leur ambition d'étendre leur influence en Afrique de l'Est, notamment les Émirats arabes unis. Comment est-ce que Djibouti compose avec cette concurrence ?
    Les pays du Golfe font un retour en quelque sorte, mais ont toujours été présents dans la Corne de l'Afrique, que ce soit à Djibouti dès l'indépendance, en 77, avec un gros soutien des Saoudiens. Mais c'est vrai que les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite s'affrontent indirectement au Soudan. Les Émirats arabes unis sont très proches du président Abiy Ahmed en Éthiopie… Djibouti essaye de composer avec tout cela. Avec parfois un peu de maladresse puisqu'en 2018, le gouvernement djiboutien a nationalisé le port qu'avait modernisé DP World, la société émiratie, et est en procès depuis avec les Émirats arabes unis, et les Émirats et DP World se sont installés à Berbera au Somaliland. On voit que ces derniers mois, ces dernières années, toutes les manœuvres autour de la reconnaissance du Somaliland sont aussi clairement soutenues par une manœuvre des Émirats arabes unis. Donc on voit que Djibouti est un petit peu étranglé finalement, dans une région particulièrement instable, avec de nombreuses influences étrangères des pays du Golfe, mais aussi de la Chine, des États-Unis, on parle de la Russie, on parle également de l'Iran… Donc c'est un enjeu aussi pour le président qui va se représenter de parvenir à garder Djibouti stable. Et dans une période où va se jouer la succession du président Ismaïl Omar Guelleh, dans les années qui viennent, ça va être tout l'enjeu, finalement, de la situation actuelle.
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    États-Unis-Afrique: «Les États-Unis sont devenus la première superpuissance voyou de l'histoire moderne»

    04/08/2026
    Des ressortissants originaires du Mexique, du Vietnam ou du Yémen expulsés par les États-Unis vers le Soudan du Sud, la Guinée équatoriale ou encore l’Eswatini (ex-Swaziland)…Depuis début 2025, plusieurs accords ont été signés entre Washington et des pays tiers, notamment en Afrique, pour accueillir des ressortissants étrangers refoulés des États-Unis. Dernier en date : la République démocratique du Congo. Des accords controversés aux contours flous. Une « politique de pression » de l’administration Trump selon Romuald Sciora, directeur de l’observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’Iris (Institut des relations internationales et stratégiques).
    RFI : Selon un rapport de sénateurs démocrates de février 2026 intitulé « À quel prix », les États-Unis ont versé plus de 32 millions de dollars directement à cinq pays pour accueillir environ 300 migrants. Est-ce que c'est un nouvel instrument diplomatique de l'administration américaine ?
    Romuald Sciora : Oui. C'est pourquoi je dis souvent que les États-Unis sont devenus la première superpuissance voyou de l'histoire moderne, en tout cas qui ont un comportement, je dirais, un petit peu, de racketteur ou de mafieux marseillais. Effectivement, c'est : « Vous prenez ces migrants, on vous les envoie, et en contrepartie nous pourrons avec vous passer tel ou tel accord ». Donc oui, c'est la nouvelle diplomatie ultra bilatérale de cette administration, cette diplomatie de la force, mais que l'on voit d'ailleurs dans d'autres régions du monde.
    L’administration américaine se justifie en affirmant que les pays d'origine refuseraient de reprendre leurs ressortissants. Qu'est-ce que vous pensez de cet argument ?
    Il y a sans doute du vrai. Il y a de nombreux pays qui refusent pour différentes raisons, de reprendre leurs ressortissants. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut mettre la pression sur d'autres pays. L’administration Trump externalise le fardeau migratoire américain vers l'Afrique. Donc, oui, c'est une politique de pression. De toute façon, les pays à qui cela est imposé n'ont pas véritablement le choix.
    Quelles sont les contreparties pour les pays tiers, les pays d'accueil, du moins pour ce qu'on en sait ?
    Vous savez, aujourd'hui, vous avez, si je ne me trompe pas, 30 pays d'Afrique subsaharienne qui sont désormais soumis à des restrictions de visas et à des taxes comme ils n'en ont jamais connu. Ces pays se voient imposer, car il y a quand même des taxations qui sont imposées, des taxes bien moindres que d'autres pays africains. Des accords sont également conclus sur les matières premières qui ne vont pas uniquement dans le sens des États-Unis. Et puis, il est toujours profitable pour certains pays d'avoir, si je puis dire, certains deals avec les États-Unis.
    N'oublions pas que depuis que Donald Trump s'est retiré en grande partie du continent africain, avec toutes les aides au développement qui ont cessé, il a quand même ouvert en grand les portes de l'Afrique à la Chine et à la Russie. Donc certains pays également jouent sur ces différents tableaux et donc profitent d'accords avec Donald Trump pour tenter d'obtenir plus de la part d'autres partenaires potentiels comme la Russie et la Chine, ce qui est tout à fait normal. Donc, il y a quand même un avantage pour certains de ces pays à passer des accords avec l'administration Trump.
    Il y a beaucoup de flou autour de ces accords. Il y a un manque de transparence sur les compensations. Pourquoi cette opacité ?
    C'est la politique trumpienne habituelle. On n'a qu'à lire son livre The Art of the Deal, qu'il avait publié dans les années 80. N'oublions jamais ce que Trump avait dit à propos de nombreux pays africains : « ces pays de merde » : C'est odieux, c'est raciste...
    Lors de son premier mandat…
    Voilà, on parle quand même d'une administration d'une droite ultra radicale, xénophobe, raciste. Donc il y a chez eux une volonté aussi de tenir en laisse ces petits pays qu'ils disaient être « des pays de merde », qui sont par la force des choses des petits pays plus faibles économiquement, structurellement, militairement bien évidemment. Et donc voilà, il leur impose des conditions qu'ils ne pourraient pas imposer à d'autres partenaires. Et donc tenir en laisse, appâter, donner, jeter quelques miettes quand il le peut et garder la main sur ces pays qu'il méprise, ne l'oublions jamais.
    Le rapport des sénateurs démocrates -qui sont minoritaires-, souligne le caractère dissuasif de ces accords pour les migrants irréguliers aux États-Unis, pour les décourager en quelque sorte. Vous pensez que c'est réellement le cas ?
    Oui. Le grand dada quand même de Trump, c'est évidemment lutter contre l'immigration illégale, mais aussi l'immigration légale en provenance de certains territoires. Donc oui, des mesures comme celles-ci peuvent être dissuasives pour certains migrants, mais ce n'est pas ça qui permettra de réguler les problèmes migratoires aux États-Unis.
    Ces accords migratoires s’inscrivent aussi, selon vous, dans une stratégie de politique intérieure pour Donald Trump ?
    Donald Trump est aujourd'hui en perte de vitesse. Alors attention, il ne faut pas enterrer Donald Trump. C'est un homme qui est soutenu par le parti républicain, qui le suit quasiment comme un seul homme et qui bénéficie surtout, surtout, d'une base, la fameuse nation Maga, qui jusqu'à présent le suivrait jusqu'en enfer. Néanmoins, la guerre en Iran change véritablement la donne. Il est parti sans aucune stratégie dans cette guerre, des soldats américains sont déjà morts. Les Américains ne voient pas l'issue de ces combats. Bref, Trump est fragilisé sur la scène intérieure. Et donc oui, il se sert de sa lutte contre l'immigration afin d'essayer de ressouder sa base électorale, de lui redonner une nouvelle dynamique en vue des élections de mi-mandat. Donc, des migrants qui sont expulsés vers l'Afrique, bien évidemment, ça, ce sont des choses qui plaisent à son électorat.
    ►Romuald Sciora publie le 15 avril le premier tome de la BD documentaire, America 250, une histoire graphique des États-Unis, avec les illustrations de Bastien Bertine, aux éditions Point Nemo.

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Du lundi au samedi, Christophe Boisbouvier reçoit un acteur de l'actualité africaine, chef d'État ou rebelle, footballeur ou avocate... Le grand invité Afrique, c'est parfois polémique, mais ce n'est jamais langue de bois.
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