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    Au Japon, le tourisme chinois dégringole suite à la détérioration des relations bilatérales

    05/01/2026
    La tension ne retombe pas entre Pékin et Tokyo. Depuis les propos de la Première ministre japonaise sur une éventuelle action de son pays en cas d’attaque chinoise sur Taïwan, la Chine a multiplié les mesures de rétorsion. Restrictions des exportations de terres rares, sanctions envers des hommes politiques, mais aussi limite du tourisme vers le Japon qualifiant le pays de « dangereux » pour ses ressortissants. Résultat, 54 % de visiteurs chinois en moins depuis le début de l’année. Une chute considérable alors que les plus de neuf millions de touristes chinois annuels représentaient une manne financière conséquente pour l’industrie du tourisme japonaise.
    De notre envoyé spécial à Tokyo,
    À Tokyo, l’industrie du tourisme japonais subit de plein fouet la baisse du nombre de visiteurs chinois, qui représentaient encore il y a peu la majorité de la clientèle. « Maintenant, il y a autant de touristes chinois que de visiteurs qui viennent d’autres pays. Mais avant, ils représentaient 70 % de nos clients », constatent les responsables d’une boutique locale. Tous deux sont Chinois et font partie de Yi Tiao Long (« un dragon », en français), surnom donné à l’industrie du tourisme spécialisée dans l’accueil des visiteurs venus de Chine. Ce secteur pesait près de 11 milliards d’euros l’année dernière.
    « Quand la baisse des clients chinois a débuté, nous avons vraiment vu notre activité chuter. Mais maintenant, les Occidentaux viennent de plus en plus, tout comme les clients d’autres régions du monde, donc cela compense un peu », explique l’une des employées. Une autre ajoute : « Certains autres magasins ont connu un impact plus lourd que le nôtre. Plusieurs boutiques de location de kimono ont même dû fermer, car elles dépendaient à 80 ou 90 % des touristes chinois. Même si les Européens et les Américains viennent, ils ne consomment pas autant. Les Chinois, eux, sont souvent plus dépensiers. » Surtout lorsqu’ils voyagent en groupes organisés.
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    « Nous n’avons plus que des voyageurs individuels, qui viennent seuls ou en famille. Mais les groupes de touristes, il n’y en a plus. Cela semble interdit côté chinois pour le moment », précise-t-elle. Les restrictions sur le nombre de vols et la pression exercée sur les agences de voyages illustrent la stratégie de Pékin, qui semble déterminée à maximiser la pression sur le secteur touristique nippon.
    Face à cette situation, les autorités japonaises tentent de s’adapter. Takeshi Nakano, vice-commissaire de l’Agence du tourisme du Japon, reconnaît la tendance : « Le nombre de visiteurs chinois est en baisse, mais de plus en plus de touristes viennent d’autres pays et de régions du monde. » La stratégie japonaise est claire : atténuer les effets de cette chute drastique. « Actuellement, les visiteurs du monde entier, et particulièrement d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Australie, sont de plus en plus nombreux. Nos efforts visent donc à attirer encore plus de visiteurs en provenance de ces pays. En plus, la tendance actuelle est à la hausse des voyageurs individuels, en dehors des groupes de touristes. C’est pourquoi nous renforçons nos efforts pour attirer ce type de voyageurs », détaille-t-il.
    Le Japon nourrit une ambition ambitieuse : atteindre 60 millions de visiteurs d’ici 2030. Un objectif paradoxal dans un pays où la population locale se montre particulièrement hostile au sur-tourisme.
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    En Cisjordanie, les enfants palestiniens de plus en plus victimes de la violence israélienne

    04/30/2026
    Depuis le 7-Octobre, l’ONU a recensé 231 enfants palestiniens de Cisjordanie tués par des soldats ou des colons israéliens. Les conventions internationales prévoient leur protection. Et pourtant, ils sont de plus en plus exposés à la violence israélienne sur ce territoire palestinien.
    De notre envoyé spécial à Al-Mughayyir, en Cisjordanie, et avec Maral Quttieneh,
    Devant une des entrées de l’école d’Al-Mughayyir, une tâche marque le bitume. C’est là qu'Aws Al-Naasan a été tué le 21 avril dernier quand trois colons israéliens ont attaqué le village et ouvert le feu sur l’école. Il avait 14 ans. 
    Sa mère vit aux États-Unis. Il lui a fallu plusieurs jours de voyage pour arriver. Elle se rend pour la première fois là où son fils a perdu la vie et s’effondre. Hussein, lui, était avec Aws, son meilleur ami, quand il a été touché. « Le jour des tirs, j'ai été pris de stupéfaction. Il y avait une foule immense et les colons tiraient au hasard sur nous, les habitants et les élèves. J'ai eu peur et je suis parti en courant, témoigne-t-il. Des gens l'ont ramené. J'ai vu que la blessure se trouvait au niveau de la tête : la balle était entrée par derrière et était ressortie par devant. C’était horrible à voir. Je n'ai pas pu le supporter. Je suis resté là, abasourdi. »
    Hussein porte désormais autour du cou un médaillon en bois avec la photo d’Aws. « Il était comme mon frère. Nous étions toujours ensemble, confie Hussein. Il était toujours affectueux. S’il y avait des tensions avec quelqu’un, il tentait de les apaiser. Je ne connais personne d’aussi bien. »
    Il y a trois mois, un autre adolescent d’Al-Mughayyir a été tué par l’armée israélienne, à l’intérieur du village, après la prière du vendredi. Ce fut déjà un choc pour la communauté, et notamment pour Aws Al-Naasan, se souvient sa tante : « C'était un ami proche de Mohamed. Et il a dit : "Si Dieu le veut, moi aussi je vais mourir comme lui". »
    La famille Al-Naasan est marquée par le deuil : un autre habitant du village a été tué dans cette attaque. C’était un oncle d’Aws. Son père, lui, avait été tué en 2019, par des colons déjà. La grand-mère, qui élevait les enfants, vivait donc avec la peur au ventre. « J'avais toujours peur pour lui, où qu'il aille, témoigne-t-elle. Au coucher du soleil, il se rendait au centre du village. Je lui disais de faire attention, qu'il y avait des soldats. Il répétait : "Ne t'inquiète pas pour moi." Mais je l'attendais ici jusqu'à son retour. S’il était dehors, je n’étais pas tranquille. »
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    « Je ne peux plus sortir du village comme avant »
    Selon les habitants, l’armée israélienne entre quotidiennement dans le village. Et les environs d’Al-Mughayyir sont encore plus dangereux. Youssef a 15 ans. Il est un cousin d’Aws Al-Naasan. « Je ne peux plus sortir du village comme avant », dénonce-t-il.
    Depuis le 7 octobre 2023, la violence israélienne contre les communautés palestiniennes de Cisjordanie a augmenté. Des communautés bédouines ont été chassées de force par des colons. Des écoles détruites. Les opérations militaires se multiplient. Au point que depuis deux ans, les écoles ont dû mettre en place un plan en cas d’attaque. Bassam Abu Asaf est le directeur de l’école d’Al-Mughayyir. « Les élèves ont bien sûr été formés à la procédure d'évacuation cette année, peut-être deux fois ou plus, explique-t-il. Nous devons respecter ce plan d'urgence. De plus, chacun dans l’équipe de l'école a été chargé d’un point de ce plan. Chacun a ses propres responsabilités et ses propres missions. » 
    Le récit de l’armée israélienne diffère de celui des habitants. Elle évoque une confrontation entre Israéliens et Palestiniens, précise avoir ouvert une enquête. Mais le suspect des tirs, un soldat réserviste, n’a pas été arrêté. Selon une étude du quotidien britannique Guardian, aucun Israélien n’a été jugé pour le meurtre de civils palestiniens en Cisjordanie depuis 2020.
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    Pour la première fois, les indépendantistes pourraient diriger le Parlement gallois

    04/30/2026
    Le 7 mai, le Royaume-Uni votera pour des élections locales et pour les Parlements écossais et gallois, qui ont une certaine souveraineté, en particulier en matière de santé et d’éducation. Depuis plus d’un siècle, ce sont les travaillistes qui gouvernent la nation galloise. Mais ce 7 mai pourrait bien marquer un changement de taille : les indépendantistes sont en tête des sondages.
    De notre envoyée spéciale de retour de Cardiff, 
    Dans une rue résidentielle du nord de Cardiff, la capitale galloise, Zaynub Akbar frappe aux portes pour convaincre les électeurs de voter Plaid Cymru, parti indépendantiste de gauche, ce 7 mai. À 28 ans, elle a toujours connu une administration travailliste au pays de Galles.
    Le gouvernement gallois pourrait pour la première fois être dirigé par les indépendantistes. Pour autant, le parti fait campagne sur les sujets du quotidien, les Gallois dénoncent le manque d’investissements dans les services publics et la perte de pouvoir d’achat. « L’indépendance du pays de Galles n’est pas au programme. Nous avons d’autres priorités, d’autres problèmes à régler : la santé, l’éducation, les transports, liste la candidate. Il faut déjà s’occuper de ces choses-là. L’indépendance, ce n’est pas le sujet pour ce mandat. » 
    Dans cette maison verte, qui a accroché le dragon gallois au-dessus de sa porte, on a toujours voté travailliste. « Mais ça fait 25 ans que les travaillistes sont là et la situation n’est pas terrible, déplore son habitante, ils accusaient toujours le gouvernement centralisé conservateur de ne pas donner assez d’argent. Maintenant qu’on a le Parti travailliste au gouvernement à Londres, rien ne change ! » 
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    Les indépendantistes contre le parti d'extrême droite Reform UK
    Dans les urnes, Plaid Cymru, à gauche, devra affronter Reform UK, le parti d’extrême droite nationaliste et anti-immigration, donné juste derrière les indépendantistes. La candidate s’adresse aux indécis. « Beaucoup d’électeurs veulent simplement du changement. Face à nous, il y a deux futurs très différents : Plaid Cymru ou Reform. Il s’agit seulement d’expliquer la différence entre les deux, qu’ils décident lequel leur parle le plus, défend Zaynub Akbar. Beaucoup de gens ont voté Labour ou conservateur toute leur vie, et ils ont du mal à changer ! » 
    Tasse de café à la main, Robin fait partie de ceux-là. « J’ai grandi dans une région minière où on a toujours voté travailliste. Je ne suis vraiment pas fan de Reform UK et de ses idées, explique-t-il. Or ici, ça va se jouer entre eux et Plaid Cymru, donc je voterai pour ces derniers. »
    Même s’il s’attend à une victoire électorale, Plaid Cymru aura fort à faire pour contenter tous les Gallois. « En général, en Angleterre, les zones urbaines tendent à voter Verts. Au pays de Galles, ces zones soutiennent largement Plaid Cymru, analyse Laura McAllister, professeur de politique galloise à l’université de Cardiff. Seulement, Plaid Cymru attire aussi la communauté agricole. Il faudra réussir à concilier ces deux électorats, en particulier sur les questions environnementales. » 
    Pour former une coalition, Plaid Cymru n’exclut ni les travaillistes, ni les Verts. 
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    Dans l'ouest de l'Ukraine, le difficile jeu d'équilibre de la minorité roumaine

    04/29/2026
    Dans l'ouest de l'Ukraine, la minorité roumaine s’interroge sur l’avenir de sa langue et de sa culture, notamment avec les réformes dans l’éducation. Dans un contexte de guerre, ces questions restent sensibles et soulèvent un enjeu plus large : comment concilier unité nationale et respect des minorités.
    Un reportage de notre envoyée spéciale dans la région de Tchernivtsi, à retrouver dans la longueur dans le podcast Accents d'Europe.
    À écouter dans Le tour du monde des correspondantsLa langue, un enjeu politique en Ukraine, en Espagne, en Chine et en Inde
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    En Allemagne, des commerçants face aux menaces de la mafia italienne

    04/28/2026
    Tentative de meurtre, trafic de drogue, fraude fiscale aggravée, quatre procès défraient la chronique judiciaire en Allemagne, et plus précisément au sud du pays, à Stuttgart. La mafia italienne est impliquée car depuis plusieurs décennies, sa branche calabraise, la 'Ndrangheta, a tenté d'infiltrer l'économie et le petit commerce. Les autorités policières et judiciaires semblent relativement désarmées face au phénomène.
    Un reportage de notre correspondante à Berlin à retrouver dans la longueur dans le podcast d'Accents d'Europe.
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