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Revue de presse Afrique

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  • Revue de presse Afrique

    À la Une: après une année noire dans l’est de la RDC, une inflexion diplomatique?

    1/26/2026
    « L’année 2025 avait très mal débuté pour la RDC, relate Jeune Afrique : fin janvier, Goma, ville stratégique et chef-lieu de la province du Nord-Kivu, était prise par l’AFC/M23. À la mi-février, c’est Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, qui tombait. Et cette année 2025 s’est achevée de la pire des manières : la chute d’Uvira le 10 décembre, quelques jours seulement après la signature à Washington d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda. Un revers pour Donald Trump, qui s’était largement autocongratulé d’avoir “rétabli la paix“ dans la région. »
    D’ailleurs, « sur le front diplomatique, poursuit Jeune Afrique, cette année 2025 avait d’abord fait naître plusieurs espoirs. Trois processus de paix se sont succédé, se chevauchant parfois : ceux de Luanda, de Doha et de Washington. Tous ont en commun d’avoir, pour l’instant, échoué. »
    Les avancées des troupes de l’AFC/M23 dans l’est de la RDC n’auraient pas été possibles sans le soutien actif du Rwanda. Un soutien prouvé et documenté depuis des années par des dizaines de rapports onusiens.
    Le Rwanda reconnait sa participation à une coordination sécuritaire avec l’AFC/M23
    Jeudi dernier, surprise : l’ambassadrice du Rwanda à Washington Mathilde Mukantabana publie sur le site de l’ambassade un document dans lequel elle reconnait implicitement l’engagement du Rwanda auprès du M23, avec notamment cette phrase : « Le Rwanda participe effectivement à une coordination sécuritaire avec l’AFC/M23. »
    Commentaire du site d’information Afrik.com : « L’expression est suffisamment floue pour laisser place à des marges d’interprétation, mais suffisamment explicite pour engager une responsabilité politique. Elle peut inclure : des échanges de renseignements, une synchronisation tactique sur le terrain, un appui logistique direct, voire une coordination opérationnelle. Dans tous les cas, il s’agit d’une interaction structurée avec un acteur armé non étatique opérant sur le territoire d’un État souverain. Cela pose un problème fondamental au regard du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. »
    Et Afrik.com de s’interroger : « À travers ce document, Kigali pense recréer un climat de confiance. Mais avec qui ? Les États-Unis ? Le M23 ? Ou la communauté internationale ? Ce tournant constitue-t-il une tentative de reprise du contrôle du récit international ? Plutôt que de subir des révélations successives, le Rwanda chercherait ainsi à encadrer son implication en la justifiant par des impératifs sécuritaires. Cette forme d’admission assumée suffira-t-elle à infléchir la courbe du récit ? Rien n’est moins sûr. »
    Trop tard ?
    « Pourquoi ce changement de pied et pourquoi aujourd’hui ? », s’interroge écho le site spécialisé sur la RDC Afrikarabia : « Depuis l’arrivée du médiateur américain dans le conflit congolais, Kigali, sous le flot des critiques, marche sur des œufs. (…) Dos au mur, le Rwanda cherche à proposer un nouveau récit “dans la transparence“ de ses combats à l’est de la RDC. Kigali tente ainsi d’imposer au grand jour une stratégie de “légitime défense préventive“. Mais les arguments avancés sont connus depuis bien longtemps : menace FDLR, persécutions des Tutsis congolais, risques d’infiltrations transfrontalières… »
    Et Afrikarabia de s’interroger à nouveau : « Ce nouveau discours de “transparence“ et de “confiance“ présenté par l’ambassadrice rwandaise fera-t-il mouche ? Et surtout, n’arrive-t-il pas trop tard, après des années de déni ? Il n’est pas sûr que ce nouveau narratif tempère les positions de Washington. La sous-secrétaire d’État adjointe au Bureau des affaires africaines, Sarah Troutman a été très claire devant la Chambre des représentants : “ceux qui menacent la paix seront tenus pour responsables“. À bon entendeur… »
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    À la Une: le roi Mohammed VI et le Conseil de la paix de Donald Trump

    1/23/2026
    C’est un article véhément d’Afrik.com qui s’intéresse de près au Conseil de la Paix, que Donald Trump est en train de constituer, et qui est considéré comme une sorte d’alternative à l’ONU, au service des intérêts américains. « Mohammed VI mise un milliard sur Trump : le pari fou qui indigne la jeunesse marocaine », titre Afrik.com, qui persifle : « Le roi du Maroc s’offre un strapontin doré dans "le conseil de la paix" trumpien. Pendant ce temps, les hôpitaux manquent de lits et les diplômés de travail ». Si l’on en croit le journal en ligne panafricain, « le dispositif » mis en place par Donald Trump « est simple, presque brutal dans sa franchise. Vous voulez siéger ? Trois ans de mandat renouvelable. Vous voulez compter ? Un milliard de dollars, et vous devenez "membre permanent" ».
    « Le Maroc n’a pas hésité », ajoute encore Afrik.com. « Mohammed VI (…) a décidé que son royaume serait le premier pays africain, premier pays arabe à lever la main ». Le journal reconnaît toutefois « qu’à ce jour, Rabat n’a ni confirmé ni démenti le versement effectif d’un milliard de dollars. La communication officielle se contente de célébrer le statut de "membre fondateur" sans préciser s’il s’agit de la version à trois ans ou de la version à neuf zéros ». Cela n’empêche pas Afrik.com de prédire la révolte : « Si la facture est réelle, affirme le journal, chaque fermeture de dispensaire rural, chaque promotion de médecins partie exercer en France, chaque jeune diplômé au chômage deviendra un procureur silencieux de ce choix ». 
    Succès et apaisement
    La presse marocaine n’évoque pas ce sujet sensible dans ses colonnes, mais se fait le relais du message du roi Mohammed VI, sur la dernière CAN, organisée au Maroc.« Le roi Mohammed VI salue une "réussite historique" marocaine et réaffirme l’engagement du Royaume pour une Afrique Unie », titre Tel Quel, alors qu’Hespress résume ainsi le message royal : « Le Roi du Maroc félicite la Nation pour une organisation historique et appelle à l’apaisement après la finale ».  
    Aujourd'hui Maroc titre « Sa Majesté le Roi remercie l’ensemble des composantes de la nation qui ont admirablement contribué à la réussite de cette magnifique manifestation ». Concernant plus précisément la finale chaotique entre le Maroc et le Sénégal, « le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko et son homologue marocain Aziz Akhannouch avaient appelé, mercredi, leurs ressortissants respectifs au calme et à l’apaisement », remarque Sénéplus ». Le roi Mohammed VI, lui, qualifie ces évènements de « très déplorables », ajoute WalfNet, le roi ajoutant toutefois que « la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus, car cette réussite marocaine est aussi une réussite africaine ». 
    Tricherie et empoisonnement ?
    AfrikFoot donne de la finale de la CAF une version plus polémique. « Le roi Mohammed VI siffle la fin de la récréation », annonce le média en ligne. « En pleine passes d’armes entre supporters marocains et le reste du monde, le monarque a condamné les incidents ayant écorné la finale de la CAN 2025, perdue à domicile face au Sénégal ». « Quant aux accusations de tricherie à peine voilées portées à l’encontre du Maroc, Sa Majesté a implicitement exhorté ses compatriotes à la retenue, et par la même occasion à fumer le calumet de la paix ».  
    Signe toutefois que la tension n’est pas totalement retombée, Afrikfoot revient sur « des soupçons d’empoisonnement, qui planent sur la finale de la CAN 2025 » et cite Bacary Cissé, le conseiller de Sadio Mané qui évoque les malaises dont auraient été victimes trois joueurs sénégalais juste avant la finale. « C’était vraiment très bizarre », dit-il. Mais pour Afrikfoot, « il est trop tôt pour dire tout haut ce que les gens pensent tout bas. Il n’existe pour l’heure aucune preuve suffisante pour porter de telles accusation ». C’est pourquoi Bacary Cissé a déclaré : « On n’a aucune preuve qui justifie une suspicion d’empoisonnement ». « Affaire à suivre », conclut Afrikfoot.
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    À la Une: la polémique toujours, après la finale Maroc-Sénégal de la CAN

    1/22/2026
    La tension ne retombe pas au Maroc. Quatre jours après la finale perdue par les Lions de l’Atlas, la plaie est toujours béante. Et dans la presse, le ton monte.
    Le site marocain Le Desk estime que « même si les décisions de disqualification immédiate en plein match restent extrêmement rares, dans les conditions vécues à Rabat et dans le contexte du parasitage de la veille orchestré par les Sénégalais, la sanction était parfaitement envisageable. (…) Cette finale 2025 crée un précédent délicat pour les instances du football africain et international, poursuit Le Desk. Si le Sénégal s'en tire finalement avec son titre et des sanctions probables pour son sélectionneur, le message envoyé est ambigu : quitter le terrain en plein match pour protester contre une décision arbitrale n'entraîne pas automatiquement la disqualification, pour peu que l’on revienne jouer ».
    La « sanction ultime » !
    Le site marocain 360 hausse le ton : « seule une sanction exemplaire du Sénégal peut éviter que l’on assassine une deuxième fois le football. La CAF doit frapper fort, sans trembler, fulmine 360, et la Fifa doit se tenir à ses côtés pour aller au bout de la logique : retirer le trophée au Sénégal, retirer la prime de vainqueur, parce qu’on ne récompense pas un comportement qui met en danger l’essence même du football, et effacer les points Fifa engrangés sur une rencontre dont le déroulement normal a été altéré par un abandon temporaire et des incidents graves. Et il faut assumer la sanction ultime, rajoute encore le site marocain : disqualifier l’équipe du Sénégal des prochaines échéances internationales, y compris le Mondial. Car à ce niveau, l’exemplarité de la sanction n’est pas seulement un devoir, mais une obligation ».
    « Communautarisme émotionnel »
    Il faut dire que cette défaite du Maroc en finale de la CAN a pris des allures de catastrophe nationale. Interrogé par le magazine Tel Quel, la sociologue Leila Bouasria explique : « une grande douleur pèse sur "notre" cœur depuis la fin de ce fameux match. Un sentiment d’injustice "nous" prend aux tripes. Le football, comme tout rituel collectif, est un révélateur. Il donne une occasion d’expression à ce qui n’a pas toujours l’espace pour se dire. Le Maroc a fait une belle CAN et il ne manquait que la victoire en finale pour couronner ce récit de succès. Ce n’est pas une simple déception sportive, c’est le sentiment d’assister, impuissants, au dénouement inattendu d’une espérance collective longuement nourrie ».
    De plus, souligne la sociologue marocaine, « les réseaux sociaux sont des machines à amplifier ce communautarisme émotionnel. En quelques heures, des milliers de personnes qui ne se connaissent pas se retrouvent à vibrer ensemble, se répéter les mêmes phrases et à désigner le même ennemi. Un match de football n’est jamais qu’un match de football. C’est une scène où se rejouent, sous forme condensée et ritualisée, des drames qui nous dépassent ».
    Apaisement ?
    En tout cas, « Dakar et Rabat appellent au calme », note le quotidien sénégalais Le Soleil. « Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a annoncé s’être "longuement entretenu" avec son homologue du Royaume du Maroc, Aziz Akhannouch. Les deux hommes ont promis de continuer à œuvrer, dans un esprit d’apaisement, de sérénité et de détente, à la consolidation des liens séculaires et très profonds qui unissent les deux pays ».
    « Le match diplomatique » : c’est le grand titre de Walf Quotidien qui note également que « le temps est à l’apaisement entre le Sénégal et le Maroc et qu’il est temps de faire baisser la tension entre les deux pays ».
    En pages intérieures, on peut lire ces lignes : « nous devons faire résilience sur ces comportements anti-sportifs qui nous auraient pourri la vie et faire baisser cette tension. Le sélectionneur des Lions, Pape Thiaw, s’est excusé auprès des autorités de la CAF, de nos propres autorités et de ses joueurs, pour avoir eu, le temps d’une tension extrême, un comportement d’entraîneur amateur. (…) Nous avons le devoir de nous reconcentrer sur les échéances à venir, comme la Coupe du Monde aux États-Unis. (…) Pourvu que nos Lions nous apprennent à aller danser sur le toit du monde, plutôt qu’au bord d’un volcan ».
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    À la Une: l’extradition du lieutenant-colonel Damiba

    1/21/2026
    « 72 heures de spéculations, de faux scoops et de rumeurs sur l’extradition de l’ex-président de la Transition du Burkina Paul-Henri Sandaogo Damiba. Et finalement, constate Aujourd’hui à Ouagadougou, l’info avérée tombe du côté de Lomé : l’illustre exilé renversé le 30 septembre 2022 a été remis au Burkina par le Togo sur requête des autorités burkinabè ».
    Commentaire du quotidien ouagalais : « le Togo reste fidèle à ses valeurs d’accueil humanitaire pour contribuer à la paix chez ses voisins mais il ne veut pas faire de son territoire un centre de déstabilisation contre ses mêmes voisins ! L’hôte Damiba, par ses implications supposées dans de multiples tentatives de déstabilisation dénoncées par Ouagadougou, semble avoir gravement porté atteinte au sacro-saint principe de neutralité attendu de tout exilé politique fut-il ancien chef d’Etat galonné ! Le Togo prévient ainsi tous les exilés politiques que le temps de l’impunité est révolu ! Accueil et humaniste oui mais déstabilisation Non ! » 
    Le Togo a cédé
    Finalement, l’ex-officier putschiste a donc bien été lâché par les autorités togolaises… Jeune Afrique nous dévoile les dessous de cette extradition : « Lomé a reçu une demande d’extradition le 12 janvier, avec une accusation "de détournement criminel de deniers publics, enrichissement illicite, corruption, incitation à la commission de délits et crimes, recel aggravé et blanchiment de capitaux". Paul-Henri Sandaogo Damiba a été arrêté 4 jours plus tard, le 16 janvier, puis écroué. Le même jour, la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lomé donnait un avis favorable à son extradition. Les autorités togolaises, précise encore Jeune Afrique, disent aussi avoir reçu l’assurance que Paul-Henri Sandagogo Damiba aurait droit à "un procès équitable" et qu’il n’y aurait pas de "peine de mort", bien que la peine capitale ait été rétablie au Burkina Faso en décembre dernier ».
    Accusations et interrogations
    Alors, complète Afrik.com, « cette arrestation s’inscrit dans la continuité des accusations portées par le régime du capitaine Ibrahim Traoré contre son prédécesseur. Depuis plusieurs mois, le pouvoir burkinabè affirme avoir déjoué différents projets de coup d’État, dont le plus récent aurait été planifié début janvier. (…) Dans ce scénario présenté par Ouagadougou, Paul-Henri Sandaogo Damiba est désigné comme le principal instigateur présumé. Il lui est reproché d’avoir orchestré la planification des opérations, recherché des financements et établi des réseaux mêlant militaires et civils. Toujours selon les autorités burkinabè, poursuit Afrik.com, des fonds auraient transité depuis l’étranger, notamment depuis la Côte d’Ivoire, afin de soutenir logistiquement cette entreprise. Des arrestations ont été opérées au Burkina Faso et des témoignages filmés de suspects ont été diffusés, alimentant le discours officiel sur l’ampleur de la menace.
    Cependant, relève encore le site panafricain, l’absence de communication judiciaire indépendante et la diffusion d'"aveux" filmés soulèvent des interrogations au sein de la société civile et parmi certains observateurs internationaux. Plusieurs analystes rappellent que le Burkina Faso traverse une phase de forte crispation politique, où la lutte contre l’insécurité et la consolidation du pouvoir militaire s’accompagnent d’un contrôle strict de l’information. À ce stade, rappelle Afrik.com, aucun procès public n’a été annoncé et aucun document officiel ne détaille précisément les charges retenues contre l’ancien président de la Transition. L’implication présumée de pays voisins dans cette affaire ajoute une dimension diplomatique sensible ».
    Eteindre toute contestation
    Le Monde Afrique rappelle le contexte politique actuel au Burkina Faso : « le 1er avril dernier, le chef de la junte, le capitaine Traoré, – qui s’est attribué, en mai 2024, sans élection, un mandat présidentiel jusqu’en juillet 2029 – a solennellement proclamé l’instauration de la "révolution progressiste et populaire" au Burkina Faso. "Nous ne sommes pas dans une démocratie", avait-il dit alors. "ous sommes bien en révolution". De fait, poursuit Le Monde Afrique, le capitaine Traoré a éteint toutes les voix dissidentes, civiles comme militaires. Ses opposants, mais aussi des membres de leurs familles, sont arrêtés (et parfois torturés) ou contraints à l’exil. Certains disparaissent pendant des mois, voire des années, sans que leurs proches n’aient aucune nouvelle. De quoi faire dire à ses détracteurs que le Burkina Faso, "le pays des hommes intègres", n’est plus celui qui il y a peu encore était loué pour la vitalité de sa société civile et de sa presse indépendante ».
    Enfin, ce commentaire du Point Afrique : la junte burkinabé « gouverne par la peur pour masquer le vide. Au lieu de s’attaquer aux racines du problème, qui ont pour nom corruption endémique, sous-équipement des forces armées, alliances douteuses avec des milices locales, la junte préfère désigner des boucs émissaires ».
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    À la Une: liesse au Sénégal et amertume au Maroc

    1/20/2026
    Cette finale de la Coupe d’Afrique des Nations de football entre les Lions de l’Atlas et les Lions de la Teranga continue de faire couler beaucoup d’encre dans les journaux du continent…
    Au Sénégal, c’est l’effusion. « Le retour des héros », s’exclame Le Soleil en première page.
    « S’adressant aux double champions d’Afrique, hier soir à leur arrivée à Dakar, le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, rapporte le journal, a salué une victoire acquise avec panache et responsabilité. "Vous aviez à cœur de ramener cette coupe et vous l’avez fait de manière héroïque, a-t-il dit, en produisant du beau jeu, dans le fair-play et avec un comportement exemplaire, sur et en dehors du terrain" ».
    Ressentiments…
    Un comportement exemplaire ? Non, rétorque-t-on au Maroc. Les incidents lors de la finale, notamment le retour aux vestiaires des joueurs sénégalais après le pénalty contesté ne passent pas. De même que les critiques répétées de certaines équipes à l’encontre du corps arbitral qui aurait favorisé le Maroc tout au long de la compétition.
    Le journal marocain en ligne Le Desk ne mâche pas ses mots : « pourquoi le Maroc devrait-il continuer à tant investir pour le football africain si c’est pour être traité de la sorte ? Pourquoi offrir des infrastructures de classe mondiale, former des générations de joueurs, accueillir des équipes sans moyens, si chaque décision arbitrale défavorable aux adversaires devient prétexte à accusation de corruption ? Le football africain a besoin de nations locomotives. Le Maroc a endossé ce rôle avec générosité et ambition. Mais, conclut Le Desk, la générosité, même si elle est conçue dans une logique de soft power, a ses limites quand elle se heurte à l’ingratitude, et l’ambition vacille face à l’injustice ».
    « Un réel ressentiment », pointe Le Monde Afrique. À tel point que « la logorrhée haineuse, habituellement cantonnée aux comptes anonymes sur les réseaux sociaux, a gagné des journalistes, des fonctionnaires, d’anciens diplomates et même des responsables sportifs marocains qui appellent désormais, implicitement, à réévaluer les rapports entre le Maroc et le Sénégal, pourtant qualifié de "pays frère" par Mohammed VI ».
    D’ailleurs, poursuit Le Monde Afrique, « la Fédération royale marocaine de football n’a pas tardé à réagir. Au lendemain de la finale, celle-ci a déclaré qu’elle engagerait des poursuites judiciaires auprès de la CAF et de la FIFA, arguant que l’attitude de l’équipe sénégalaise "a fortement perturbé le déroulement du match et affecté la performance des joueurs marocains" ».
    Des sanctions ?
    Que risque le Sénégal ?, s’interroge le site Senego. « S’il y a une décision disciplinaire suite à la sortie momentanée de la pelouse, les sanctions possibles sont généralement : amendes, avertissements, et parfois sanctions individuelles (joueur ou membre du staff), selon les faits retenus. (…) Mais restons sereins, claironne Senego. La 2e étoile est gravée. Nous avons gagné sur le terrain ».
    D’après Afrik Foot, « le sélectionneur Pape Thiaw serait sous le coup d’une suspension d’au moins quatre matches et d’une amende de 10 000 dollars. »
    En tout cas, affirme WalfQuotidien à Dakar, « nous invitons les instances du football à faire preuve d’équité, de raison et de lucidité. Les Sénégalais ont beaucoup subi au fil des CAN : injustices arbitrales, conditions logistiques défaillantes, comportements déloyaux sur le terrain. Cette finale n’a fait que rappeler ce que des générations de Lions ont déjà enduré ».
    Levier psychologique ?
    Enfin, Afrik.com veut voir le verre à moitié plein. « Au réveil, cette défaite des Lions de l’Atlas ressemble à un rendez-vous manqué, mais elle actera peut-être le véritable basculement du football marocain, affirme le site panafricain. (…) Cette finale perdue contre le Sénégal doit servir de laboratoire grandeur nature avant le Mondial nord-américain. Apprendre à "tuer" un match, maîtriser ses nerfs dans le chaos et privilégier l’efficacité au geste iconique. Voilà la feuille de route pour le 14 juin 2026 et l’entrée en lice des Lions de l’Atlas face au Brésil, excusez du peu. La fenêtre est courte, mais cette défaite offre au sélectionneur un levier psychologique idéal pour renforcer son groupe ».

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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
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Generated: 1/26/2026 - 4:55:15 PM