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    À la Une: en Tunisie, lourde condamnation pour la militante antiraciste Saadia Mosbah

    03/23/2026
    Les principaux opposants politiques au président Saïed en prison, des défenseurs des droits, des avocats, des syndicalistes et des journalistes poursuivis en justice et souvent condamnés : Saadia Mosbah n’a pas échappé à cette règle qui prévaut en Tunisie. Rien ni personne ne doit contester les actes du pouvoir en place.
    Emprisonnée depuis près de deux ans pour des accusations de malversations financières, la présidente de l’association M’nemty (mon rêve) a été condamnée jeudi dernier à huit ans de prison et à une lourde amende.
    « Saadia Mosbah, 66 ans, avait été en première ligne, rappelle Le Monde Afrique, pour défendre les migrants en provenance d’Afrique subsaharienne, après un virulent discours en février 2023 du président tunisien, Kaïs Saïed, dans lequel il dénonçait l’arrivée de "hordes de migrants clandestins" et un complot "pour changer la composition démographique" du pays. (…) Ancienne hôtesse de l’air, elle-même noire de peau, elle avait été à l’origine de l’adoption en 2018 d’une loi pionnière pour le Maghreb contre les discriminations raciales. »
    À lire aussiEn Tunisie, la militante antiraciste Saadia Mosbah condamnée à huit ans de prison
    Pression accrue sur les ONG
    En Tunisie, silence prudent des médias… C’est dans la presse étrangère qu’on commente cette condamnation. Notamment chez le voisin algérien : « Sombres jours pour les libertés en Tunisie, s’exclame Le Matin d’Algérie. Saadia Mosbah vient d’être arbitrairement condamnée par une justice aux ordres. (…) Pour les observateurs tunisiens et internationaux, cette condamnation illustre une tendance inquiétante, pointe le quotidien algérien : une pression accrue sur les ONG et les militants antiracistes, en particulier ceux qui défendent les droits des migrants. Plusieurs organisations dénoncent la multiplication des poursuites judiciaires contre des acteurs de la société civile, qu’elles jugent motivées par des raisons politiques plutôt que pénales. L’affaire Saadia Mosbah reste un signal fort pour la société civile tunisienne, conclut Le Matin d’Algérie, et acte l’absence de liberté d’association et d’indépendance de la justice dans ce pays. »
    Le site Afrik.com s’insurge : « Que fait Saadia Mosbah dans les geôles de Kaïs Saïed ? (…) Oui, en 2026, reconnaître pleinement l’autre comme son semblable, comme un être humain titulaire de droits, au premier rang desquels figure le droit fondamental à la vie, peut vous être reproché pénalement (en Tunisie). Oui, en 2026, une femme, une mère, un être humain, est condamnée en Tunisie à huit ans d’emprisonnement pour avoir défendu le respect du droit à la vie de chacun. (…) La souveraineté de la Tunisie ne saurait être placée au-dessus des droits humains, affirme encore Afrik.com. Au contraire, elle doit garantir à chaque Tunisien et à chaque être humain se trouvant sur son territoire le respect du droit à la vie et la protection de ses droits fondamentaux. »
    Le Cameroun : « Une gérontocratie engluée dans l’immobilisme »
    À la Une également le Cameroun… Un pays verrouillé, constate Le Monde Afrique, avec cette longue analyse sur la situation politique du pays, cinq mois après la présidentielle et la réélection contestée de Paul Biya, 93 ans, à un huitième mandat.
    « Une gérontocratie engluée dans l’immobilisme », titre le journal. En effet, depuis octobre dernier, « aucun nouveau gouvernement n’a encore été formé, malgré les attentes d’ouverture et de pacification après la dernière crise électorale. Paul Biya a pourtant promis de s’y atteler. "Dans les prochains jours", disait-il, le 31 décembre dernier. Puis, à nouveau, le 10 février, la dernière fois que les Camerounais ont vu leur président (à la télévision) et entendu le son de sa voix usée. (…) Face à ce pouvoir granitique, l’opposition a rendu les armes, relève Le Monde Afrique. Issa Tchiroma, candidat malheureux à la présidentielle, jugeant sa vie menacée, a discrètement trouvé refuge au Nigeria, puis en Gambie. Impossible pour lui d’organiser la résistance loin de ses troupes. La société civile survit, sujette aux "intimidations et à la peur". C’est dans ce contexte, pointe encore Le Monde Afrique, que le pape Léon XIV se rendra dans le pays, du 15 au 18 avril, au milieu de sa tournée africaine. Une visite qui divise le camp de la contestation, entre ceux qui l’assimilent à un acte de légitimation d’un pouvoir usurpé et ceux qui espèrent que le pape abordera les sujets qui fâchent le pouvoir. »
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    À la Une: le Bénin, la Côte d’Ivoire et la France unis contre le terrorisme

    03/20/2026
    C’est à la Une de Banouto : « Ce qu’il faut retenir des échanges lors de la rencontre des chefs d’état-major du Bénin, de la Côte d’Ivoire et de la France ». « Échanges qui, nous dit le site d’information béninois, ont porté sur l’évaluation des dispositifs existants, le renforcement des synergies opérationnelle et l’adaptation des réponses face à des menaces en mutation rapide, notamment l’infiltration terroriste, la criminalité transfrontalière organisée et les formes hybrides de déstabilisation. »
    La situation est critique, et Banouto l’analyse ainsi : « Dans un contexte marqué par la pression croissante des groupes armés aux frontières, les états-majors béninois, ivoirien et français resserrent les rangs. Ils accélèrent la coordination de leurs actions ». Bien sûr, le détail de leurs discussions reste secret, mais selon Banouto, « la feuille de route s’articule autour du partage de renseignement, de la formation spécialisée ainsi que de la lutte contre la désinformation ».
    Cette rencontre, explique de son côté Afrik.com, « intervient dans un contexte régional marqué par la recrudescence des attaques terroristes et par des tensions géopolitiques croissantes au Sahel ». Quel est le rôle de la France dans ce contexte ? « La France, qui a été contrainte de quitter le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, réorganise son dispositif militaire sur le continent », explique Afrik.com. « Elle passe d’une présence massive à un soutien ciblé, axé sur la formation et le renseignement ».
    « Ça finit quand ? »
    Le football est également à la Une de la presse africaine, avec les réactions qui continuent de pleuvoir, après la décision de la CAF de donner la victoire de la CAN au Maroc. Décision de la CAF, la Confédération Africaine de Football, que Wakatsera transforme en « Comédie Africaine de Football. »
    Et le site d’information burkinabé pose la question : « Ça finit quand ? » « Après avoir perdu la finale de sa Coupe d’Afrique des nations, jouée contre le Sénégal le 18 janvier, le Maroc se voit offrir le trophée par la CAF, sur une décision ahurissante », poursuit Wakatsera qui visiblement, n’apprécie guère ce dernier rebondissement. « Quelle que soit l’issue de cette affaire, c’est le football africain qui en sortira assommé, un coup dont il se relèvera avec beaucoup de peine ».
    Où ira le trophée ?
    Concrètement, une question se pose aujourd’hui : « Le Sénégal est-il prêt à rendre le trophée à la CAF et au Maroc ? » Question posée par Afrikfoot, selon qui la situation n’est pas très claire. En effet, nous explique-t-on, « Abdoulaye Fall, le boss de la Fédération sénégalaise de football, la FSF, a tenu hier des propos ambigus ». Estimant notamment que, « sur le plan du droit, le Sénégal ne peut pas perdre ce titre ». Mais ajoutant quelques instants plus tard : « On va se conformer aux dispositions statutaires et réglementaires de la CAF. Entre les lignes, commente Afrikfoot, on comprend donc que la FSF n’entend pas faire de vagues et pourrait accepter de rendre le trophée à l’instance panafricaine, si elle en fait la demande. Toute notre action va être inscrite dans le respect de ces dispositions ». « L’affaire est maintenant entre les mains du TAS, le Tribunal Arbitral du Sport ».
    Au Maroc, le magazine Telquel estime qu’une victoire sur tapis vert n’a pas le même goût qu’une victoire sur le terrain. « On pourra dire, remarque le magazine marocain, que la fête n’a pas la même saveur. C’est vrai. Un pays préfère toujours soulever une coupe le soir-même. Pas la récupérer dans les plis d’un communiqué. Mais parfois, dans le football africain, il faut d’abord gagner un match, puis gagner le droit qu’on reconnaisse comment il a été faussé. Le Maroc, cette fois, a dû faire le second choix. En attendant de connaître le verdict du Tribunal arbitral du sport, saisi par la Fédération sénégalaise de football », conclut Telquel.
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    À la Une: la CAF sur le banc des accusés

    03/19/2026
    « Le chaos perdure, constate Le Monde Afrique. Et cette finale irrationnelle de Coupe d’Afrique des nations, remportée par le Sénégal face au Maroc à Rabat, le 18 janvier dernier, n’en finit pas de se jouer hors du terrain ».
    Avant-hier soir donc, stupeur : « deux mois après le match, la CAF, la Confédération africaine de football, retire le titre de champion d’Afrique aux Lions de la Téranga, déclarés "forfait", et accorde à la sélection marocaine une victoire 3-0 sur tapis vert. Du jamais-vu ».
    Et désormais, un bras-de-fer juridique est engagé entre les autorités sénégalaises et la Confédération africaine de football.
    En effet, rapporte Jeune Afrique, « la Fédération sénégalaise de football, présidée par Abdoulaye Fall, a rapidement annoncé son intention de saisir le Tribunal arbitral du sport. Le sort de cette finale de cette Coupe d’Afrique des nations 2025 va donc se jouer à Lausanne, dans les prétoires du la juridiction suisse. (…) La bataille juridique continue. Et elle promet d’être longue et âpre ».
    D’autant, souligne Jeune Afrique, que « le gouvernement sénégalais, totalement solidaire de la fédération, a demandé l’ouverture d’une enquête internationale "pour soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF" ».
    De l’interprétation des articles 82 et 84…
    En attendant, les critiques fusent en direction de la CAF…
    Afrik.com fulmine : « en attribuant sur tapis vert la victoire au Maroc, l’instance continentale ne se contente pas de réécrire le résultat d’un match : elle redéfinit, de manière inquiétante, les règles qu’elle est censée faire respecter. (…) Car au cœur de cette polémique, précise le site panafricain, se trouvent les fameux articles 82 et 84 du règlement de la compétition. Ces dispositions sont claires : une équipe qui quitte le terrain sans autorisation ou refuse de jouer s’expose à un forfait automatique. Mais encore faut-il que ces conditions soient réunies. Or, s’exclame Afrik.com, dans cette finale, elles ne l’ont tout simplement pas été. Oui, les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse. Mais non, ils n’ont ni abandonné le match, ni refusé de jouer. Ils sont revenus. Ils ont repris la rencontre. Ils ont joué jusqu’au coup de sifflet final. Et ils ont gagné. Ce simple fait devrait suffire à clore le débat. Mais visiblement, dans les arcanes de la CAF, la réalité du terrain pèse moins lourd que certaines volontés politiques ou stratégiques ».
    Discrédit, défiance, inféodation…
    Dans la presse ouest-africaine, c’est le tollé général… Haro sur la CAF !
    « Quand la CAF se discrédite », lance Le Pays au Burkina Faso.
    La CAF a prononcé « l’oukase de trop : le Sénégal refuse d’avaler l’anaconda », peste Aujourd’hui.
    « La CAF s’enterre avec un forfait tardif qui humilie l’Afrique », tonne Sahel Tribune à Bamako.
    Ledjely à Conakry dénonce « une CAF minée par la défiance : entre les rumeurs de mauvaise gestion, les soupçons d’inféodation à la FIFA et les critiques dénonçant une primauté croissante des intérêts financiers sur les considérations sportives, l’institution panafricaine traverse une crise de crédibilité. Derrière l’acte, poursuit Ledjely, beaucoup croient discerner une influence extérieure : celle de Gianni Infantino ou celle d’intérêts financiers occultes. Au-delà de la décision elle-même, c’est donc une crise de confiance plus profonde qui se révèle. Une crise qui interroge la gouvernance du football africain et la crédibilité de ses instances. Et à ce stade, conclut le site guinéen, la CAF n’a pas seulement pris une décision contestée. Elle a, peut-être, fragilisé un peu plus le lien déjà précaire qui la relie aux opinions publiques africaines ».
    CAF vs International Football Association Board ?
    Dans la presse sénégalaise, passées la stupeur et l’indignation, on veut croire en une décision favorable du TAS, le Tribunal arbitraire du sport…
    « Le TAS pour tout casser », titre WalfQuotidien. Walf qui précise que la fédération sénégalaise compte invoquer « un principe fondamental des lois du jeu définies par l’International Football Association Board : la loi N°5 qui stipule que "les décisions de l’arbitre concernant les faits de jeu, y compris le résultat du match, sont définitives une fois la rencontre terminée". Comme quoi, affirme le journal, le match de la finale, qui est allé à son terme, est donc validé. Un argument béton ».
    « Le solide "Tas" d’arguments du Sénégal », renchérit Le Soleil en première page.
    Enfin, la presse marocaine dénonce l’immixtion du gouvernement sénégalais dans cette affaire, avec les accusations de corruption à l’égard de la CAF. Pour le site marocain Le 360, « le risque est réel : celui de voir cette indignation, alimentée par un narratif politique, se traduire par des comportements hostiles, voire violents à l’encontre des ressortissants marocains vivant au Sénégal ou de leurs biens. L’histoire récente nous a appris que le football, lorsqu’il est instrumentalisé, peut vite sortir de son cadre ».
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    À la Une: le Maroc finalement vainqueur de la CAN 2025

    03/18/2026
    « Quel coup de tonnerre ! », s’exclame Afrik Foot. « Près de deux mois après la finale de la CAN 2025 remportée par le Sénégal face au Maroc (1-0, a.p.), la Confédération Africaine de Football a annoncé hier soir avoir accepté l’appel du Maroc. Le Maroc est donc déclaré champion d’Afrique au détriment du Sénégal qui perd sa couronne remportée sur le terrain. Une décision qui provoque stupeur et un énorme tollé… »
    En effet, renchérit Afrik.com, « cette décision, rarissime à ce niveau, provoque une vague de réactions et ouvre la voie à un possible recours devant le Tribunal arbitral du sport. Le football africain se retrouve au cœur d’une controverse majeure. C’est une annonce qui secoue tout le continent ».
    Et en premier lieu le Sénégal, déchu de son titre… La presse peine à y croire…
    « La blague du siècle », lance Le Soleil en première page.
    « À défaut de la pelouse… verte, le tapis vert, s’agace le quotidien dakarois. La CAF déroule ce tapis au Maroc et lui offre un trophée qu’il poursuit depuis 1976. Une décision qui frôle le grotesque. »
    « La grosse farce continentale », fulmine Walf Quotidien qui qualifie la décision de la CAF de « ridicule ».
    « Le football africain vient de vivre un séisme juridique sans précédent », soupire DakarActu. « Pour le Sénégal, c’est une désillusion brutale. Pour le Maroc, un sacre entaché de polémiques. Et pour la CAF, un dossier brûlant qui continuera d’alimenter les débats sur la gouvernance et l’arbitrage du football africain ».
    « Ridicule », « scandaleux », « inique » !
    La presse de la sous-région s’emporte également…
    « Tsunami footballistique », lance Aujourd’hui à Ouagadougou.
    « Tout simplement scandaleux », tempête Ledjely à Conakry. « Le ressentiment et la colère des Marocains étaient peut-être compréhensibles à certains égards. Mais le verdict du jury d’appel de la CAF est tout simplement inique, estime le site guinéen. D’autant qu’il semble découler du chantage et des pressions diverses que les Marocains n’ont cessé d’exercer. À cet égard, la prétendue application d’une quelconque règle mise en avant par la CAF s’apparente davantage à un bel enfumage ».
    « Les dieux du football sont tombés sur la tête ! », peste WakatSéra. « Cette décision aurait été moins ridicule si elle avait été prise le soir même de la finale ou tout au plus le lendemain. C’est un véritable séisme dont le football africain se relèvera difficilement, car, estime le site burkinabé, même si les Sénégalais ont failli à l’esprit du fair-play, ils bénéficient de circonstances atténuantes. Non seulement après s’être rendus compte de leur erreur commise sous le coup de la passion et de la frustration, les Lions conquérants sont revenus sur le terrain, mais ils ont présenté leurs excuses au monde entier. Les fautifs ont écopé de suspension de matchs et d’amendes financières, ce qui devait largement faire l’affaire ».
    « Le football ne peut fonctionner que si ses règles sont respectées… »
    Mais non, rétorque le site marocain Le 360 : « si une équipe peut quitter le terrain, interrompre une finale, puis revenir sans que cela soit juridiquement qualifié, un précédent dangereux est créé, estime Le 360. Un précédent qui aurait pu légitimer, à l’avenir, des formes de pression inédites sur le déroulement des matches. La bataille engagée par la Fédération marocaine de football était donc celle de la cohérence réglementaire, affirme le site marocain. (…) Avec ce verdict, la CAF fixe une limite claire. Le football ne peut fonctionner que si ses règles sont respectées, indépendamment du contexte, de la pression ou des enjeux. Quitter le terrain, interrompre un match, contester le déroulement du jeu par des actes : ces comportements ne peuvent être banalisés ».
    Hespress, autre site marocain enfonce le clou : « c’était une finale marquée par une infraction au règlement, suivie d’une attente pesante, d’une tension suspendue. Puis, en un instant, tout s’est libéré. Dès l’annonce de la décision du Jury d’appel de la CAF, une ambiance de joie s’est emparée de Rabat : les klaxons ont retenti comme des cris longtemps contenus, les drapeaux ont envahi la nuit, et les autres villes du Royaume se sont levées d’un seul élan et d’un même souffle, et ont exprimé une même fierté. Car cette victoire ne se discute pas, assène encore Hespress. Elle s’impose. Elle rétablit l’équilibre et permet au Maroc de retrouver sa place incontestable au sommet du football africain ».
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    À la Une: la majorité présidentielle se fissure au Sénégal

    03/17/2026
    Depuis plusieurs mois, le Pastef, le parti au pouvoir, traverse une zone de turbulences. On assiste à une véritable fracture entre le président Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, pourtant issus de la même formation politique.
    « Deux crocodiles dans le même marigot », résumait récemment Jeune Afrique. « Pomme de discorde entre les deux hommes, rappelle le site panafricain, cette coalition "Diomaye président", montée précipitamment pour permettre à ce dernier de se présenter en 2024 alors que Pastef avait été dissous », et qui pourrait bien constituer « un outil de conquête du pouvoir » dans le cadre des municipales, début 2027, et de la présidentielle de 2029.
    Équilibre précaire…
    En fait, analyse Le Point Afrique, « la coalition qui a porté Bassirou Diomaye Faye au sommet de l’État — structurée autour du Pastef — reposait sur un équilibre précaire : un candidat par défaut, adoubé par un leader charismatique empêché de concourir. À mesure que Bassirou Diomaye Faye s’est installé au sommet de l’État, la mécanique du pouvoir s’est remise en marche. Le candidat par défaut est devenu président ; il nomme, arbitre et place ses hommes au cœur des institutions. Dépositaire des décrets de nomination et désormais au centre de toutes les décisions, il n’entend plus jouer les seconds rôles. (…) Dans la crise actuelle, qui oppose le chef de l’État sénégalais à son Premier ministre, on a beau chercher la logique politique du maintien de la coalition "Diomaye Président", on peine à trouver autre chose qu’un calcul politicien, relève également Le Point Afrique, à savoir disposer d’un instrument partisan capable, le moment venu, de marginaliser le Premier ministre. Et, surtout, préparer les prochaines échéances électorales ».
    Un entre-deux inconfortable mais calculé…
    Résultat, « la scène politique sénégalaise vit une période surréaliste, s’exclame le site Seneplus : un président de la République dont l’appartenance à son propre parti fait débat, un Premier ministre qui gouverne en affichant sa défiance envers son chef d’État, et des militants qui réclament l’exclusion de celui qu’ils ont porté au pouvoir il y a deux ans. Pourtant, malgré les déclarations incendiaires et les tensions palpables, aucune procédure d’exclusion n’a été officiellement lancée contre Bassirou Diomaye Faye. Une retenue qui n’a rien d’accidentel ».
    En effet, précise Seneplus, « exclure formellement le président de la République serait un acte politique d'une violence inouïe, qui cristalliserait définitivement la rupture et rendrait impossible toute réconciliation future. Cela transformerait également Diomaye en victime et renforcerait sa légitimité à construire une alternative politique autour de sa coalition ».
    Finalement, relève encore le site sénégalais, « Diomaye tente de consolider sa coalition pendant que Sonko restructure le Pastef : cela explique pourquoi aucun des deux camps ne souhaite précipiter une rupture formelle. Chacun a besoin de temps pour construire son appareil politique en vue des batailles électorales à venir.
    Au final, conclut Seneplus, la question de l’exclusion de Diomaye du Pastef reste suspendue dans un entre-deux inconfortable mais calculé. Ni vraiment membre, ni formellement exclu, le président évolue dans un no man's land politique où chaque geste est pesé, chaque déclaration analysée. Une situation qui témoigne moins d'une indécision que d'un équilibre précaire entre des forces qui se neutralisent mutuellement ».
    Une opposition divisée…
    Et l’opposition dans tout cela ? Elle pourrait profiter de cette fracture au sein du parti majoritaire… Eh bien non. « L’impossible unité », titre Walf Quotidien. « Chacun des ténors mène ses activités en solo, constate le quotidien dakarois. Maire de Dakar récemment déchu, Barthélémy Dias est dans une tournée nationale de placement des cartes de membre de son mouvement. Au même moment, Thierno Alassane Sall, qui se trouve dans un combat frontal contre le Pastef, enchaîne des conférences de presse qu’il organise en solitaire. Et Macky Sall et ses camarades, après la dissolution de Benno, font cavalier seul ».
    Bally Bagayoko élu maire de Saint-Denis…
    Enfin, plusieurs sites d’information du continent, notamment, SeneNews, Senego, Le Courrier de l’Atlas, ou encore Financial Afrik pointent la victoire de Bally Bagayoko, élu maire avant-hier de Saint-Denis au nord de Paris.
    « Le malien Bally Bagayoko élu maire dès le premier tour », titre SeneNews. D’origine malienne en effet, Bally Bagayoko a grandi et fait ses études en France avant de rentrer en politique dans les rangs de LFI, la France insoumise.
    « Avec environ 50,8 % des suffrages, il s’impose dès le premier tour à Saint-Denis, cette commune d’environ 150 000 habitants, la deuxième plus grande ville d’Île-de-France derrière Paris », note SeneNews.
    Et Financial Afrik de s’interroger : « Bally Bagayoko, un "Obama français" en devenir ? »

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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
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Generated: 3/23/2026 - 11:10:42 AM